la baule+ 16 | Septembre 2025 La Baule+ : Vous venez de passer tout le mois d’août à La Baule. Connaissiez-vous notre ville ? Brian Bouillon Baker : Non, c’est la première fois que je viens. Ma compagne était déjà venue il y a une vingtaine d’années, au Royal Barrière justement, où nous nous sommes installés pendant un mois. C’est un endroit vraiment très agréable. Je connaissais plutôt la Vendée, notamment les Sables d’Olonne et Noirmoutier, mais c’est la première fois que je viens à La Baule. C’est une station balnéaire très agréable. J’ai eu le temps de découvrir le front de mer, mais également la ville, avec toutes ces maisons charmantes, et je trouve que la baie est superbe. Le climat est aussi plus agréable que dans le Sud. Histoire ► L’un des enfants de Joséphine Baker en vacances à La Baule Brian Bouillon Baker : « Joséphine Baker était une héroïne française et elle méritait cet hommage suprême qu’est la panthéonisation. » Brian Bouillon Baker est l’un des enfants de Joséphine Baker. C’est le septième sur les douze qui composaient cette famille nombreuse appelée la famille arc-en-ciel. Aux côtés de sa mère, il a rencontré Dalida, Gilbert Bécaud, la princesse Grace de Monaco ou encore Fidel Castro, car Joséphine Baker a été une personnalité unique adulée dans le monde entier. Elle est devenue l’icône du Tout-Paris des Années folles. Par la suite très engagée, agent secret, résistante, officier de l’armée de l’air, elle symbolise encore aujourd’hui la femme universelle et elle est devenue la première femme noire à entrer au Panthéon. Brian Bouillon Baker a passé un mois de vacances au Royal Barrière à La Baule et nous l’avons rencontré pour évoquer la mémoire de sa mère. Il est aussi le conseiller artistique du spectacle « Joséphine Baker » qui sera joué sur la scène du Théâtre Bobino à Paris du 9 octobre 2025 au 25 janvier 2026. Brian Bouillon Baker a été adopté par Joséphine Baker et Jo Bouillon en 1957. Artiste et écrivain, il a milité pour l’entrée de sa mère au Panthéon et il est le porte-parole de la famille de Joséphine Baker. Lorsque vous êtes arrivé à La Baule, vous êtes allé dîner au Ciro’s et vous y avez découvert une photo de votre maman… Exactement. C’est une photo de ma mère, prise avant la Seconde Guerre mondiale. Elle se balade avec son guépard femelle, Chiquita, des amis et son amoureux du moment. C’est une photo qui a dû être prise en 1930, lorsque ma mère se promenait avec Chiquita, qui était évidemment apprivoisée. Cela faisait sensation. Je suis tombé sur cette photo au Ciro’s. Mais, malheureusement, il n’y a pas de légende et l’on ne dit pas qu’il s’agit de Joséphine Baker en 1930. Ce serait bien de le préciser, car je pense qu’une bonne partie du public, surtout les jeunes, ne sait sans doute pas de qui il s’agit. On n’a pas besoin de mettre une légende sous une photo de Brigitte Bardot ou d’Alain Delon… Oui, mais ce sont des personnalités plus modernes pour les jeunes. C’est beaucoup plus proche de leur génération, alors que la carrière de ma mère a quand même commencé avant la guerre. À mon avis, il n’y a que les seniors qui doivent savoir exactement qui est ma mère et quel est son parcours, malgré sa panthéonisation. Heureusement, il va y avoir deux films : un film de cinéma, produit par Studio Canal Plus et un partenaire américain, et une série télévisée sur Netflix. Le film devrait sortir en 2026 et la série Netflix en 2027. À partir de là, un public plus jeune devrait la connaître. Quel a été votre rôle dans leur réalisation ? Je suis conseiller artistique, tout comme je le suis pour la comédie musicale qui va se jouer à Bobino à partir du mois d’octobre prochain. C’est une troupe très énergique et l’actrice qui incarne Joséphine Baker est formidable. Toute la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, était unanime pour que ma mère entre au Panthéon Vous avez travaillé sur la panthéonisation de votre maman. Il y a vraiment eu une unanimité de tous les bords politiques pour cela… Je venais d’écrire mon livre « Joséphine Baker, l’universelle » et, tout de suite après la sortie, j’ai été contacté par un collectif intitulé « Osez Joséphine » - ce qui était un clin d’œil à la chanson de Bashung - pour qu’il y ait une pétition en ligne afin de demander la panthéonisation de ma mère. Ce n’est pas la famille qui réclame cela. À l’inverse, rejoindre un collectif, ce n’est pas pareil. Je précise qu’il faut l’accord de la famille pour une panthéonisation. Ce collectif a recueilli des centaines de milliers de signatures, ce qui nous a permis d’être reçus à l’Élysée par le président Macron et son épouse. Et tout est allé très vite. Le président a trouvé que ma mère était très inspirante et ses conseillers m’ont fait savoir que toute la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, était unanime pour que ma mère entre au Panthéon. J’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises, dans des cérémonies diverses, tous les leaders politiques, notamment Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Roselyne
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