la baule+ 18 | Septembre 2025 Elle a quand même été fichée aux États-Unis, par la CIA et le FBI Donc, on peut aussi vous présenter comme un ex-mari de Dalida… Oui, pour 24 heures. En tout cas, elle avait accepté… Ensuite, parmi les rencontres, il y a évidemment Fidel Castro. Je devais l’appeler Tonton Fidel. On a dû subir des discours de quatre heures dans les grands stades, c’était un peu long et il faisait chaud. À la tribune, j’ai demandé à l’un de ses assistants du Coca-Cola et il m’a répondu que ce n’était pas possible, mais que je pouvais avoir d’autres sodas. Il nous a offert des costumes révolutionnaires cubains. On a trouvé cela super, mais ma mère nous a autorisés à les porter uniquement pour jouer dans le parc du château et surtout pas dans les rues de Paris. Je suis allé sur ses genoux, il m’a laissé caresser sa barbe, j’ai tenté de goûter son cigare, mais il m’a répondu que j’étais trop jeune pour cela. Il m’a proposé de venir vivre à Cuba après mes études, en me promettant de me donner les galons de colonel de l’armée cubaine ! Ma mère n’était évidemment pas très d’accord… Elle était liée avec beaucoup de monde, que ce soit Fidel Castro ou Tito, qui étaient communistes, mais aussi avec les Kennedy, les Peron, Hassan II ou la famille de Monaco, c’est plutôt l’autre bord... Elle faisait vraiment l’unanimité. Mais à la base, c’était vraiment une gaulliste convaincue et fidèle. Elle a toujours dit que durant l’Occupation et la Résistance, elle était sœur d’armes avec les résistants communistes qui luttaient contre la barbarie nazie. À la base, elle considérait que l’idéal communiste était quelque chose de merveilleux, mais elle dénonçait ce que les États ont malheureusement fait de cette merveilleuse idée. Elle était gaulliste, mais elle a quand même été fichée aux ÉtatsUnis, par la CIA et le FBI, d’abord comme agitatrice sur la question des droits civiques des noirs, mais aussi comme agent communiste. Le général de Gaulle reconnaissait lui-même avoir été surpris par le profil des résistants, entre les royalistes et les communistes, qui n’incarnaient pas forcément la bourgeoisie traditionnelle française… Il a d’ailleurs pris des ministres communistes pour reconstruire la France. Le Parti communiste et le parti du général étaient à l’époque les deux grands partis politiques français. Tout le monde pensait qu’elle était proche de Mussolini, mais son contact privilégié lui permettait d’avoir de nombreux renseignements Elle a aussi été espionne car, comme elle était invitée partout, elle pouvait glaner des informations dans les cocktails mondains… Oui, elle a dupé les Italiens car son amoureux, Giuseppe Abatino, l’avait emmenée en Italie en lui présentant Mussolini. Au début, elle était admirative de Mussolini, puisqu’il avait reconstruit l’Italie après les années 20 sur le plan économique et des infrastructures. Mais elle a découvert le vrai visage de ce dictateur qui s’est allié avec Hitler et elle a décidé de jouer un double jeu. Tout le monde pensait qu’elle était proche de Mussolini, mais son contact privilégié lui permettait d’avoir de nombreux renseignements qu’elle a fait passer à l’encre sympathique, dans ses partitions, à destination des services secrets français. Par la suite, elle a caché de nombreux résistants. Il y a eu deux perquisitions allemandes au château et ils n’ont rien trouvé. Cependant, cela commençait à devenir dangereux et on a conseillé à ma mère d’aller chanter en Afrique du Nord. En plus, comme elle avait son diplôme d’aviatrice, elle est devenue lieutenant auxiliaire dans l’armée de l’air. Elle a beaucoup vécu au Maroc et elle a sillonné l’Algérie, la Tunisie, le Liban, l’Égypte et la Syrie. Elle a fait tout cela en Jeep, avec seulement deux autres personnes, en prenant le risque de se faire arrêter en Libye, pays qui était occupé par les Allemands. Il y a eu un contrôle qui s’est bien passé, mais c’était quand même risqué. Elle a terminé la guerre en chantant pour les soldats alliés, en étant auxiliaire pour tous les blessés de guerre, en Afrique du Nord, puis en France et jusqu’à Berlin même. L’ADN politique de votre mère est-il en vous ? Je dirais plutôt l’ADN humaniste. En partie oui, mais chez elle, cela dépassait la politique. Elle était gaulliste parce que c’est l’homme de l’appel du 18 juin, mais pas forcément pour sa gestion de la politique intérieure. Pour elle, c’était un grand homme, un héros, qui incarnait les valeurs de la France. Sur la politique économique, elle n’était pas une spécialiste. Que faites-vous maintenant ? D’abord, je continue de témoigner en participant à tous les événements mémoriels. Il y a de nombreuses inaugurations de groupes scolaires, de rues ou de médiathèques. Tout cela, en France, mais aussi en Suisse, en Belgique, en Allemagne, au Maroc, en Angleterre, en Autriche, au Brésil, aux États-Unis et au Japon. Je suis l’ambassadeur de la famille. Je suis comédien à la base, je sais m’exprimer en public, je parle quatre langues, en plus j’aime bien voyager… Parallèlement, je continue de travailler comme comédien, surtout pour faire des doublages de films étrangers. Et je continue à écrire des articles et des nouvelles qui n’ont rien à voir avec ma maman. Quels souvenirs allez-vous garder de votre séjour à La Baule ? Le Royal Barrière est un endroit merveilleux, un service à l’ancienne, les prestations sont d’une très grande qualité, le personnel est vraiment attentionné et charmant. C’est un lieu que je ne connaissais pas et nous nous sommes vraiment bien détendus. En outre, La Baule est une ville agréable et charmante. Je vais garder un souvenir vraiment agréable de ce séjour d’un mois. Propos recueillis par Yannick Urrien. Brian Bouillon Baker : « Le Royal Barrière est un endroit merveilleux, un service à l’ancienne, les prestations sont d’une très grande qualité, le personnel est vraiment attentionné et charmant. »
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