la baule+ 20 | Septembre 2025 Certains lecteurs ont réagi, positivement ou négativement, à un courriel paru dans notre numéro d’août. Nous avons pour principe de publier toutes les lettres tant qu’elles ne contreviennent pas à nos valeurs et, dans ce contexte, nous éliminons ce qui est diffamatoire, raciste ou homophobe. Si ce courriel a pu choquer certaines personnes ou en amuser d’autres, notre rôle n’est pas de porter un jugement mais de veiller au pluralisme et à la liberté d’expression. Cette controverse justifie une mise au point et nous allons répondre précisément aux réactions qui nous sont parvenues. L’émetteur exprimait sur un ton humoristique sa désapprobation de voir le salafisme gagner du terrain à La Baule en période estivale et il mentionnait clairement cette idéologie. En l’occurrence, son courriel ne visait pas une communauté religieuse, mais un courant politique tel que défini dans un rapport du gouvernement médiatisé en février 2025. Sa lettre était-elle de nature islamophobe ? Non, car le salafisme est combattu par la plupart des pays musulmans, qui estiment que cette idéologie est terroriste comme celle des Frères musulmans. Stéphane Lacroix, dans son livre « Le crépuscule des Saints. Histoire et politique du salafisme en Égypte », signale même que « les Frères musulmans font aujourd’hui figure de modérés » par rapport aux salafistes. Il a souvent été souligné, à travers des interviews, que la grande majorité de la communauté musulmane française ne devait pas – et ne voulait pas – être confondue avec les partisans de l’idéologie salafiste, fondée sur la charia. Le chiisme et le sunnisme sont des branches de l’islam, de même que le catholicisme, le protestantisme ou la religion orthodoxe sont des branches de la chrétienté. En aucun cas le salafisme ne saurait être comparé à cela. D’ailleurs, l’imam Chalghoumi a écrit que « l’idéologie salafiste est une secte islamique qui s’est déclarée ennemie de tous les États et ses adeptes préfèrent les empires parce qu’ils vivent au Moyen-âge.» Dans ce contexte, une lettre similaire pourrait paraître dans plusieurs pays musulmans, comme l’Égypte ou l’Azerbaïdjan. Ce courriel devait-il être publié ? Son auteur évoquait, sans agressivité dans ses propos, ni haine, ni appel à la violence, ce qu’il observe comme une mutation du paysage baulois. Il n’entendait nullement offenser la communauté musulmane comme l’aurait fait une caricature blasphématoire. Les critiques émanent sans doute de ceux qui revendiquaient « l’esprit Charlie » il y a seulement une décennie.... Peu importe qu’il soit de bon ou mauvais goût, ce n’est pas le sujet, ce courriel ne visait pas une religion, mais une idéologie préconisant la charia et mentionnait la présence de femmes « entièrement bâchées » sur la plage. Cette remarque ironique aurait certainement amusé feu Habib Bourguiba qui n’avait pas interdit le voile, contrairement à ce que certains pensent, mais n’hésitait pas à rappeler aux jeunes femmes qu’elles seraient plus belles sans lui. De son côté, le roi Hassan II, Commandeur des croyants, expliquait il y a 35 ans que le foulard n’a rien de coranique : « Mes filles ont fait de la natation, on fait du basket en short, on joue au tennis en jupe, mes sœurs, ma petite-fille, tous les Marocains ne comprendraient pas que l’on vienne les amputer de quelque chose que la religion leur a reconnu à condition qu’il n’y ait pas provocation ». Or, dans son courriel, notre lecteur n’évoquait même pas le voile, mais clairement la tenue intégrale. Il nous semble donc que la plupart des musulmans qui pratiquent normalement leur religion (et dont très probablement la mère porte un foulard traditionnel) ne peuvent être choqués. Cette réflexion rouvre également le débat sur le principe de laïcité et de neutralité religieuse dans l’espace public, surtout lorsqu’il s’agit d’un vêtement polémique qui n’est pas considéré comme religieux, mais politique, dans certains pays musulmans. La personne qui porterait cette tenue dans ces pays (chiites ou sunnites) vaudrait au minimum une surveillance renforcée de sa famille de la part de la police locale. Le qualificatif de « racisme» ne s’applique évidemment pas non plus et les salafistes recrutent dans tous les pays. Il en existe de différentes origines, comme des Tchétchènes ou une minorité de Ouïghours (la majorité étant sunnites de rite hanafite). En 2025, nous commémorons le dixième triste anniversaire de l’attentat perpétré contre Charlie Hebdo. La liberté d’expression se serait-elle amenuisée au point de critiquer une lettre non haineuse d’un lecteur, en menaçant carrément le journal qui a osé la publier ? Cette allusion aux intimidations que nous avons reçues ne vise évidemment pas les lecteurs sincères dont nous relayons les courriels. La Baule+ est un journal libre et nous n’aurions jamais publié un courriel insultant à l’égard d’une communauté. L’interview d’Éric Verhaeghe parue dans le numéro de juillet dernier en constitue une preuve récente, puisque le thème est celui de la désinformation à l’égard des musulmans en France. Courrier des lecteurs Courrier des lecteurs dans le journal d’Août. Je viens de lire le courrier des lecteurs du mois d’août ! Je viens de tomber sur un courrier plus que limite. Nous sommes sur du racisme écrit noir sur blanc ! Comment avez-vous pu publier un tel message ? Si l’objectif du journal est de diviser la ville, prôner le racisme, c’est réussi. Mais je ne pense pas que ce soit l’objectif de La Baule+ qui est de mettre en avant notre belle ville. Bien que notre ville ne soit pas parfaite, nous restons dans un cocon très confortable ! Je suis choqué par ce que j’ai lu, tout comme l’est toute ma famille et les personnes avec qui j’ai pu en discuter ! Que le journal prône la liberté d’expression, c’est très bien ! Mais je pense qu’un minimum de discernement sur les messages haineux est à avoir... Cordialement Thomas Soudy. Courrier des lecteurs. Décidément, ce courrier des lecteurs se transforme, lentement mais sûrement, en courrier d’électeurs. Et c’est heureux. Encore merci à La Baule + de faciliter cette translation. J’ai beaucoup apprécié l’article de Cecilia « Le bel été sur nos plages ». Elle déplore à juste titre la présence de cette source de pollution canine dont les maitres ignorent royalement les interdits pourtant affichés de façon parfois Invisible. Je me permets de rajouter l’absence pratiquement totale de passages des machines à nettoyer le sable sur toute la plage, contrastant avec la période ancienne où nous avions le plaisir chaque matin, de fouler une douce épaisseur de sable tamisé et propre. Mais ça, c’était avant ! A croire que le gestionnaire et les autorités locales aiment les présences de traces de fréquentations civilisées, laissées par les mégots, les papiers, les canettes de boissons, pour ne citer que celles-là. Aujourd’hui encore en petit nombre mais en progression. De plus, aujourd’hui, gare aux pieds sensibles qui osent tenter d’approcher l’eau à marée basse. La ligne de défense de coquillages est là pour imposer une petite séance de torture. J’ai également lu avec délectation l’article de LG sur l’arrivée de nouvelles populations… J-F Bonnin (courriel) Merci, Monsieur, pour votre courriel. Nous avons dû en retirer les deux derniers paragraphes reprenant un message de LG publié dans notre numéro d’août, en raison de la restriction du périmètre de la liberté d’expression en France et des menaces reçues par le journal ces dernières semaines, notamment en provenance de groupes puissants, identifiés et organisés. En résumé, notre lecteur LG s’indigne de certains comportements sur la plage de La Baule en période estivale et invite les élus à s’emparer de cette question. Y. Urrien. Courrier des lecteurs dans le journal d’Août. Je suis étonné et extrêmement choqué que vous ayez publié la lettre du lecteur anonyme (et pour cause) LG dans la dernière édition Commentaires reçus par la rédaction sur un courriel publié dans le journal d’août Notre lecteur évoquait aussi les virées sur le remblai de certains individus, musique tonitruante, avec les fenêtres de leur voiture ouvertes. Au siècle dernier, il aurait dénoncé les nuisances sonores de ceux que l’on appelait des « loubards de banlieue » C’est bien ce type de comportement qui était mis en cause. Enfin, la remarque récurrente « Je suis pour la liberté d’expression, mais vous n’auriez pas dû le publier» se situe à l’encontre du principe même de la liberté d’expression, qui doit s’exercer justement lorsque cela concerne ce sur quoi on n’est pas d’accord : une liberté qui se réduirait aux seuls propos jugés unilatéralement «acceptables » constituerait alors une censure déguisée. Nous respectons toutes les opinions et chaque lecteur est traité avec bienveillance. Il ne nous incombe pas de jouer au censeur qui sanctionnerait : « Si cela me plait, je publie. Si cela ne me plait pas, je ne publie pas. » Yannick Urrien de La Baule Plus qui pourrait devenir La Baule moins après de tels propos ! Cette lettre est portée par une idéologie raciste, discriminatoire, violente et inadmissible dans un journal comme le vôtre. On ne peut pas écrire un propos diffamatoire et inexact comme cela sans poursuite pour apologie du racisme. Habitant de La Baule depuis plus de 40 ans je n’ai jamais constaté de telles dérives. Non La Baule que l’on aime n’est pas cette version complètement complotiste et raciste. Non la Baule n’est pas envahie de Kebabs et de Djellabah. Les rares personnes que l’on voir habillées différemment sont particulièrement tranquilles et n’atteignent aucunement à la tranquillité bauloise. Oui il peut y avoir des exactions… souvent plutôt le fait de consommateurs d’alcool et de drogues dont les origines métropolitaines et classiques ne font pas de doute. En publiant ce texte vous versez dans un complotisme agressif qui sert les extrémismes. Ce n’est pas normal qu’il n’y ait aucun commentaire à un texte aussi aberrant. Dans l’espoir d’une rectification rédactionnelle dans un prochain numéro. La Baule que nous aimons est une ville ouverte, accueillante et tolérante. Cordialement. Georges Picherot. LG, rendez à FP ce qui appartient à FP ! J’ai transmis en 2013 à La Baule + un courrier signé FP qui a été publié en août 2013, dans le n° 113 de ce journal avec une mention sympathique de Y. Urrien « Merci pour ce message rédigé avec beaucoup d’humour ». Comme il fallait s’y attendre, ce courrier s’est attiré les réactions des perroquets « bien-pensants » habituels auxquels Y. Urrien répondit avec tact dans le n° 114, et quel honneur, en citant même Coluche ! C’est donc avec un grand étonnement qu’en prenant connaissance du courrier des lecteurs du numéro d’août 2025 de La Baule + j’ai retrouvé l’intégralité de mon courrier datant de 12 années, mais cette fois signé par une personne que je ne connais pas : LG ! Je propose à tous vos lecteurs intéressés de consulter sur votre site « Kernews » le courrier des lecteurs des numéros 113 et 114 afin de vérifier mes dires, c’est surprenant ! Je me réjouis donc de constater que cela fait au moins une deuxième personne qui avait apprécié cette petite satire humoristique, mais la démarche est néanmoins saugrenue. Les auteurs de plagiat sont en mal de créativité, et plutôt que de poursuivre dans la même veine, enrichir et étayer mon billet de l’époque par l’évolution de la situation qui a malheureusement bien progressé en 12 années, LG s’est contenté, comme tous les faussaires, de modifier un ou deux termes en imaginant étaler son talent. Il n’a fait qu’alourdir et dégrader l’original, mais que savait-il faire d’autre. Je ne lui en veux pas et ne considérant pas mes petits propos comme une « œuvre », sans rancune je ne lui réclamerai pas de droits d’auteur ! En revanche, je remercie Y. Urrien de bien vouloir publier cette mise au point. F. Pauc. Laurent Spelle, qui habite à La Baule, nous fait l’heureuse surprise de nous envoyer cette photo de La Baule+ prise à Tokyo : « Le fameux carrefour de Shibuya à Tokyo, l’un des plus grands du Monde. 100 000 personnes le traversent chaque jour. En particulier le passage piétons en diagonale! Le plus dur est de penser à emmener La Baule + dans les bagages, puis de ne pas l’oublier dans sa chambre d’hôtel ! » Laurent Spelle à Tokyo.
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