la baule + L’essentiel de la presqu’île guérandaise ! Mensuel gratuit d’informations - N° 255 - Septembre 2025 SOYEZ RESPECTUEUX DE L’ENVIRONNEMENT : NE JETEZ PAS CE JOURNAL SUR LA VOIE PUBLIQUE, EMPORTEZ LA BAULE+ CHEZ VOUS ! OPTIQUE Un nouvel opticien Atol ouvre au Carrefour des Salines Page 5 MAISON Bodiguel : l’exigence d’un fabricant de cuisines sur mesure Page 8 OLIVIER DELAMARCHE HUBERT MARTY MAISON Ouest Store : le spécialiste de la protection solaire haut de gamme Page 15 Une analyse sans langue de bois : l’économiste estime que la situation de la France ne peut que se dégrader Page 6 Un système qui n’hésite pas à tuer pour faire taire les plus gênants : le témoignage d’un ancien commissaire aux RG Pages 10 à 12 Brian Bouillon Baker Rencontre avec l’un des enfants de Joséphine Baker au Royal Barrière pour évoquer la mémoire de cette héroïne nationale Pages 16 à 18 Les grands classiques de la musique qui unissent toutes les générations Votre radio locale sur 91,5 FM et en DAB à Nantes TÉLÉCHARGEZ L’APPLICATION la baule+
la baule+ 2 | Septembre 2025 On évoque souvent les renforts de police au cours de la période estivale, mais l’Église catholique a aussi besoin de renforts pour répondre à la forte demande des fidèles en vacances. Cet été, la paroisse de La Baule a eu le plaisir d’accueillir le père Daniel, originaire du Bénin, de l’archidiocèse de Parakou, et le père Jacob, originaire du Togo, de la société des Missions africaines. Avant leur retour en Afrique, une soirée a été organisée au presbytère de La Baule, en présence de Franck et Sophie Louvrier, et du père Benoît. Le père Daniel a découvert La Baule pour la première fois : « Je vais garder un très bon souvenir. C’est une ville très conviviale. Je m’attendais à vivre deux mois en étant isolé dans ma chambre et j’ai constaté que les gens sont vraiment très accueillants. » De son côté, le père Jacob se définit comme « un vieux visage de La Baule», puisque c’est la quatrième fois qu’il y vient: « Chaque année, j’observe qu’il y a plus de participation. La relation est excellente avec les Baulois, on nous invite très souvent à déjeuner ou dîner ! » Les deux prêtres sont aussi sportifs et ils ont pu profiter des joies de l’océan : « On a fait du bateau, on a été à l’île des Evens, on a fait de la moto... C’était fantastique, et tout cela grâce aux Baulois ! » Deux prêtres africains en renfort à La Baule cet été Cap Atlantique La Baule-Guérande Agglo vient de se doter d’un nouvel outil pour accompagner les projets immobiliers sur son territoire. Un « Guide de la qualité des opérations de logements neufs » a été élaboré en concertation avec les quinze communes de l’agglomération, ainsi qu’avec des professionnels de l’immobilier et de l’habitat. Ce document de référence doit permettre de favoriser la production d’un habitat durable et respectueux de son environnement. Un socle commun d’exigences et de bonnes pratiques L’objectif affiché est clair : construire des logements neufs, mais en garantissant des standards de qualité élevés. Le guide n’a pas valeur réglementaire mais fixe un socle commun d’exigences et de bonnes pratiques. Il s’articule autour de quatre priorités : une meilleure insertion urbaine et paysagère, la préservation de la biodiversité, des logements pensés pour les usages réels des habitants et une adaptation aux enjeux du climat et de la santé. Ces ambitions se traduisent par des préconisations concrètes portant, par exemple, sur le traitement des lisières urbaines, l’intégration des stationnements, le choix des matériaux, l’intimité des habitants, les espaces collectifs ou encore la gestion de l’eau. Ce travail a mobilisé élus, techniciens et acteurs du logement entre septembre 2024 et juin 2025, avec l’appui de l’Agence d’urbanisme de la région de Saint-Nazaire (ADDRN). Des visites de terrain et des ateliers de co-construction ont permis d’élaborer un document réaliste et partagé. L’agglomération souhaite en faire un outil vivant et évolutif, favorisant l’innovation et le dialogue entre communes et opérateurs, pour anticiper les défis de demain. Le guide sera diffusé dès la fin de l’été à l’ensemble des professionnels concernés et mis en ligne sur le site de l’Agglomération. Il ne concerne pas les projets portés par des particuliers. Cap Atlantique publie un guide pour améliorer la qualité des logements neufs
la baule+ Septembre 2025 | 3 La promenade de mer de La Baule-Escoublac, vitrine touristique de la station balnéaire, fait face à un problème croissant de pollution sonore. Les données collectées par le radar sonore «Méduse», installé sur cet axe emblématique, dressent un constat préoccupant qui incite la municipalité à intensifier ses démarches auprès des autorités. Depuis le début de l’année 2025, l’appareil de mesure acoustique enregistre quotidiennement les niveaux sonores générés par la circulation. Les résultats, compilés par les services municipaux, révèlent une situation préoccupante pour les 3 921 véhicules qui empruntent en moyenne cette artère chaque jour. Le trafic se répartit de manière inégale : 1 401 véhicules circulent dans le sens Le Pouliguen vers le centre-ville, tandis que 2 520 prennent la direction opposée vers Pornichet. Cette asymétrie s’explique notamment par les flux touristiques et les habitudes de circulation des résidents. Plus inquiétant encore, 31 véhicules franchissent quotidiennement le seuil La Baule-Escoublac : Le radar « Méduse » révèle l’ampleur des nuisances sonores sur la promenade créatives, transformant parfois la paisible promenade en circuit improvisé. Même les niveaux considérés comme «normaux» restent préoccupants : la majorité des mesures oscille entre 68 et 72 décibels, des valeurs déjà élevées pour un secteur à vocation résidentielle et touristique où la tranquillité devrait prévaloir. Procéder à des verbalisations automatiques basées sur les relevés du radar sonore Face à ces constats, la municipalité a renouvelé sa demande auprès du ministère de l’Intérieur pour obtenir l’autorisation de procéder à des verbalisations automatiques basées sur les relevés du radar sonore. Cette technologie, déjà expérimentée dans d’autres communes françaises, permettrait une répression plus systématique des comportements routiers générateurs de nuisances. « La promenade de mer doit rester un espace de promenade, de détente et de respiration, pas une piste de rodéo sonore », martèle la municipalité dans sa communication, résumant ainsi l’enjeu de cette démarche : préserver l’attractivité et la qualité de vie d’un territoire où cohabitent résidents permanents et visiteurs en quête de sérénité. d’alerte fixé à 85 décibels, avec une concentration particulière durant les heures nocturnes où se concentrent près des deux tiers de ces dépassements. Les nuisances atteignent des sommets avec des pics enregistrés à 110 décibels, un niveau sonore comparable à celui d’un avion au décollage ou d’un marteau-piqueur en fonctionnement. L’analyse temporelle des données met en évidence une recrudescence des nuisances le samedi, jour où la circulation grimpe à 4 289 véhicules contre 3 568 le lundi. Cette hausse le weekend coïncide avec l’affluence touristique et les sorties ré-
la baule+ 4 | Septembre 2025 La Baule rend hommage à Ilan Halimi en plantant un olivier devant l’Hôtel de Ville Mario Stasi : « L’importation du conflit entre le Hamas et Israël à des fins politiciennes est quelque chose d’absolument odieux. » Un arbre planté en 2011 en SeineSaint-Denis, en hommage à Ilan Halimi, jeune juif séquestré et torturé à mort en 2006 par le « gang des barbares » a été abattu mi-août dernier. Deux frères jumeaux de 19 ans, de nationalité tunisienne, ont été interpellés et jugés pour destruction de bien aggravée et violation de monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion. À la suite de cette profanation, la LICRA a invité tous les maires de France à planter un olivier devant leur mairie. Franck Louvrier, maire de La Baule, a été l’un des premiers à répondre positivement. L’avocat Mario Stasi, président de la LICRA, qui connaît bien La Baule pour y avoir été longtemps résident secondaire, était également présent. Il répond aux questions de La Baule+. courrier type sur le site de la LICRA pour que chaque citoyen puisse interpeller son maire. Nous avons fait en sorte, puisqu’il s’agit de l’affaire de tous les citoyens, que chaque citoyen puisse demander à son maire d’entreprendre cette démarche citoyenne qui est de planter cet olivier. Il y a eu Ilan Halimi, mais aussi Mireille Knoll… Malheureusement, il pourrait y avoir bien d’autres noms, puisque nous sommes dans un antisémitisme quotidien, grave et violent. Les acteurs sont de plus en plus jeunes et les victimes sont aussi de plus en plus jeunes. Il n’y a pas que les actes, mais aussi la multiplication des propos, y compris dans les écoles. Nous avons pris cette décision à la suite de cette ignominie qui a été de tronçonner cet olivier en souvenir d’Ilan Halimi. Il fallait réagir. L’antisémitisme a commencé à croître en France bien avant le 7 octobre et la réplique de Netanyahou ! Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de faire l’amalgame entre l’antisionisme et l’antisémitisme ? C’est un effet d’accélérateur, comme le font les réseaux sociaux dans le déchaînement des paroles haineuses, antisémites et racistes. L’importation du conflit entre le Hamas et Israël à des fins politiciennes est quelque chose d’absolument odieux. Ne soyons pas aveugles et sourds: l’antisémitisme a commencé à croître en France bien avant le 7 octobre et la réplique de Netanyahou ! On s’attaque aux juifs parce que l’on est contre Israël On ne s’attaque pas aux protestants si l’on est contre Trump, on ne s’attaque pas aux orthodoxes si l’on est contre Poutine, on ne s’attaque pas aux bouddhistes si l’on est contre Ashin Wirathu. Mais on attaque les juifs lorsque l’on est contre Netanyahou… N’y a-t-il pas un problème de culture générale consistant à confondre ainsi la nationalité et la religion ? On s’attaque aux juifs parce que l’on est contre Israël, on s’attaque aux juifs parce que l’on suppose que les juifs ont de l’argent, on s’attaque aux juifs parce que l’on suppose que ce sont des gens puissants qui sont dans les réseaux, on s’attaque aux juifs parce que l’on a des préjugés! C’est la grande différence entre le racisme et l’antisémitisme. Le racisme, c’est mépriser l’autre, considérer que l’on est supérieur à lui, c’est du mépris. L’antisémitisme, c’est de l’envie, ce sont des préjugés et des présupposés, en prêtant à l’autre ce qu’il n’est pas. On impute aux juifs le fait qu’ils seraient un soutien indéfectible à n’importe quel gouvernement, y compris d’extrême droite, qui se trouve en Israël. Propos recueillis par Yannick Urrien. La Baule+ : Comment cette idée incitant tous les maires de France à planter un olivier en mémoire d’Ilan Halimi est-elle née ? Mario Stasi : Alain Jakubowicz est à l’origine de cette idée et nous avons immédiatement été partants. Franck Louvrier a été l’un des premiers à approuver cette démarche, qui n’est pas simplement symbolique, car c’est un combat de chaque instant. À La Baule, nous avons d’abord arrosé symboliquement cet olivier, avec Jean-Pierre Curiel, qui représente la communauté juive de la ville, mais aussi avec le représentant de la communauté catholique. Les choses se sont faites naturellement. Lorsque j’ai évoqué cette nouvelle idée de la LICRA avec Franck Louvrier, il a immédiatement répondu : « Je veux le faire. » Nous invitons toutes les communes de France à faire cette opération. J’ai rédigé un courrier à l’attention de tous les présidents de section, afin qu’il soit adressé à toutes les communes et à tous les responsables politiques. Il y a aussi un Mario Stasi, président de la LICRA, Franck Louvrier, maire de La baule et Jean-Pierre Curiel, président de la communauté juive de La Baule.
la baule+ Septembre 2025 | 5 Un nouvel opticien Atol ouvre au Carrefour des Salines L’enseigne Atol Mon opticien poursuit son implantation sur le territoire de Cap Atlantique avec l’ouverture d’un nouveau point de vente dans la galerie commerciale du Carrefour des Salines, aux portes de La Baule. Déjà responsables des magasins d’Herbignac et de Guérande, Agathe Avenard et Frédérique Guillet se sont associées pour ce projet avec Mylène Caudal, opticienne depuis 2011 et collaboratrice de longue date. « Je travaille avec Agathe et Frédérique depuis plus de 10 ans et je suis ravie d’être désormais associée », explique Mylène. L’opportunité d’ouvrir dans cette galerie s’est imposée d’elle-même : « Depuis l’ouverture, de nombreuses personnes soulignent qu’elles sont ravies de retrouver un opticien ici », souligne Mylène. L’espace a été pensé pour offrir un large choix de montures et mettre en valeur la diversité des marques. « Toutes les grandes marques sont présentes, mais également nos coups de cœur comme Woodys Atelier … L’avantage chez Atol, c’est de pouvoir proposer à la fois des collections propres à l’enseigne et des modèles que nous choisissons librement » précise-t-elle. Un espace créateur est dédié aux montures originales. cœur de la prise en charge de nos clients : « Chaque client est accompagné de manière personnalisée tant sur le choix de sa monture adaptée à sa morphologie que dans le conseil individualisé des verres ». Services : - Examen de vue - Réglages gratuits de montures - Prise de RDV en ligne - Prêt de montures - Lunettes de sport adaptées à la vue Atol Mon Opticien, galerie Carrefour Les Salines, Route de La Baule à Guérande. Tél : 02 40 42 13 42 Courriel : atol.labaule@ gmail.com En cette rentrée l’innovation est au cœur de nos priorités En partenariat avec notre fabricant de verres Hoya, leader mondial en innovation ophtalmique, nous proposons le verre Miyosmart qui freine l’évolution de la myopie infantile, dont l’efficacité est démontrée par 8 ans d’études cliniques et plus de 90 publications scientifiques. Les valeurs coopératives d’Atol L’enseigne revendique également un engagement coopératif et une attention portée à la fabrication française. « Atol est une coopérative détenue par ses opticiens, ce qui nous permet d’avoir des prix compétitifs. » Au-delà de l’offre de produits, l’opticienne met en avant l’importance de la relation client. L’accueil et le conseil sont au Agathe, Mylène et Frédérique la baule+ Fabienne: 06 08 80 39 55 fabienne@labauleplus.com Pour votre publicité : Un journal attendu par une majorité de la population de la presqu’île : 35 000 exemplaires distribués et pris en main Un journal lu et commenté : un lectorat fidèle qui reprend en main le journal à plusieurs reprises Un journal de qualité : un lectorat multigénérationnel, les CSP+ sont fidèles à La Baule+ Un journal efficace : notoriété, fréquentation, augmentation de la clientèle… La Baule+ est aussi un vecteur de développement économique
La Baule + : Il est facile de mesurer le degré de crédibilité d’un économiste, puisqu’il suffit simplement de reprendre ses précédentes déclarations. Or, dans ce domaine, vous faites partie de ceux qui avaient annoncé très précisément ce qui est en train de se produire… Que va-t-il se passer après la probable censure du gouvernement Bayrou ? Olivier Delamarche : Curieusement, j’ai beaucoup de gens qui ricanaient il y a quelques années et qui rejoignent aujourd’hui mes positions, ce qui me fait beaucoup rire. Beaucoup de gens expliquaient que la dette n’avait aucun intérêt et que l’on pouvait l’effacer. Mais, aujourd’hui, ils s’aperçoivent que la dette est vraiment un problème et qu’elle ne s’efface pas aussi facilement. Tout cela va avoir des conséquences. On assiste à un déclassement français qui est gigantesque. Les économistes reconnaissent cela aujourd’hui, mais c’était largement prévisible. Cela fait quinze ans que j’explique que la planche à billets n’est pas une bonne idée. Aujourd’hui, tout le monde s’en rend compte. Je n’en tire pas une gloire, car j’aime mon pays, mais je le vois inexorablement s’enfoncer, parce que nous avons des gens incompétents et nocifs. Pour moi, Emmanuel Macron a détruit méthodoÉconomie ► L’économiste estime que la situation ne peut que se dégrader Olivier Delamarche : « Nous avons un modèle soviétique total. » Olivier Delamarche, expert financier et analyste économique, est connu pour ses analyses sans langue de bois et surtout pour la justesse de ses prévisions. Il a longtemps été l’un des économistes préférés des Français lorsqu’il était invité sur BFM TV. la baule+ 6 | Septembre 2025 logiquement la France. Pas simplement sur le plan économique, mais aussi sur le plan social. Il y a des pays qui sont complètement détruits, notamment le Royaume-Uni et la Belgique. Et maintenant c’est la France qui va suivre. C’est malheureux. Ceux qui refusaient de comprendre jusqu’à maintenant, commencent à s’en apercevoir. Mais c’est trop tard. Quel politique pour prendre la suite ? Je suis prêt à prendre les paris que dans deux ans vous aurez un Gabriel Attal ou un Édouard Philippe à l’Élysée. Or, ce sont des clones d’Emmanuel Macron, qui vont achever la destruction systématique du pays. Vous ne pourrez pas avoir quelqu’un hors du système qui arrive, comme ce fut le cas aux États-Unis, car le problème n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer Trump. Je ne suis pas fan de la forme, mais c’est quelqu’un hors du système. C’est un type qui fait tout pour que son pays renaisse de ses cendres. Avant, il y avait dans la plus grande démocratie du monde un type qui n’avait plus de cerveau et qui était quasiment mort. Ce n’était pas lui qui dirigeait. On sait maintenant que c’était l’équipe Obama et Clinton. Et pourtant, on a entendu des gens expliquer que Biden est un grand monsieur ! C’est un fait avéré, il n’a plus de cerveau. Trump est un type hors système, qui n’est pas corruptible, parce qu’il est milliardaire et, d’un autre côté, nous avons un système qui empêche l’arrivée au pouvoir d’un type hors système. On a des gens qui n’ont jamais rien fait de leur vie, qui n’ont jamais travaillé, comme Gabriel Attal qui n’a jamais rien fait de sa vie et qui va probablement diriger la France. Mais c’est comme Macron ! On nous l’a présenté comme un Mozart de la finance, alors que c’est quelqu’un qui n’a pas fait grand-chose de sa vie et on nous l’a vendu comme un génie. Je trouve qu’il est incompétent, sauf en communication. Et encore, se prendre des tartes à la sortie de l’avion, ce n’est pas très brillant en termes de communication... C’est pour cette raison que je me suis expatrié. Malheureusement, tout le monde ne peut pas le faire. Mais vous devez savoir qu’il y a de plus en plus de Français qui partent, parce qu’ils n’en peuvent plus. Je ne vois pas de changement à l’horizon. Je suis prêt à prendre des paris que, dans les années qui suivent, vous aurez un Gabriel Attal ou un Édouard Philippe qui sont des clones de Macron. Ce sont des gens qui feront exactement la même chose. Donc, il n’y a pas d’espoir. En plus, si jamais quelqu’un arrivait avec une réelle politique de rupture, malheureusement le point de non-retour a été largement franchi et il faudrait au moins une quinzaine d’années pour s’en sortir. On va le payer lourdement ! Finalement, dans votre scénario, on continue de descendre des marches et de cacher la poussière sous le tapis, au point de se faire dépasser chaque année par des pays sur lesquels on ricanait il y a quelques décennies… C’est loin d’être fini, croyezmoi. On est dans un scénario d’agonie sans fin. Et même si l’on chutait d’un coup, dans un scénario extrêmement violent, il faudrait quand même plus d’une dizaine d’années pour réémerger. On ne pourra pas changer les choses en trois ou quatre ans. On ne peut pas régler vingt ans de bêtises en quelques jours. La facture sera lourde et longue. Donc, malheureusement, il y aura une génération sacrifiée. Et cela durera une vingtaine d’années. Le droit de propriété n’existe plus Quels conseils donneriez-vous à un ami qui habite en France ? Si je lui donne comme conseil de partir, je suis conscient que, malheureusement, très peu de gens peuvent partir et pour des milliers de raisons. Tout cela rend difficile l’expatriation. Si la personne le peut, évidemment, elle doit partir. C’est compliqué. Elle doit au moins mettre en sécurité son argent. C’est quelque chose sur lequel tout le monde peut agir. Mais cela devient aussi de plus en plus difficile. En France, le droit de propriété n’existe plus, vous payez des impôts sur ce que vous gagnez, vous payez des impôts au moment de votre mort... Votre argent ne vous appartient plus. Ce qui est terrible, c’est tout le narratif visant à expliquer que nous sommes dans une société ultralibérale. Mais où est le libéralisme ? L’État se mêle de l’éducation de vos enfants, de votre sexualité, de votre argent, des zones où vous pouvez circuler ou non, dans quoi vous pouvez vous déplacer, avec quoi vous pouvez payer, et même dans quoi vous pouvez investir ! C’est ahurissant. On essaye de faire croire aux gens qu’ils sont dans une économie libérale, alors qu’ils sont dans le communisme et le soviétisme le plus total. Vous ne pouvez rien faire de façon libre en France Sommes-nous dans la situation de l’Union soviétique des années 80 ? Aujourd’hui, on est dans l’inversion totale de tout. C’est nous qui sommes dans un pays communiste. Nous avons un modèle soviétique total. L’État se mêle absolument de tout. Vous ne pouvez rien faire de façon libre en France. Cela n’existe plus. On se mêle de tout. Chaque fois qu’il y a un problème, on accuse les Russes, ou Trump, parce que c’est facile. Mais c’est la paille qui se moque de la poutre. Nous sommes dans l’inversion accusatoire et c’est effarant. Propos recueillis par Yannick Urrien.
la baule+ Septembre 2025 | 7 Le Croisic s’apprête à accueillir une nouvelle édition du salon littéraire Plumes d’Équinoxe, du 26 au 28 septembre 2025, placée cette année sous le thème : «La mer et le cinéma ». Trois jours de rencontres, de découvertes et d’animations mêlant littérature, navigation, arts visuels et mémoire maritime. Le salon s’ouvrira le vendredi 26 septembre à 19h, à l’Ocearium, avec une intervention remarquée de Gérard Petipas, président d’honneur, officier de marine marchande et compagnon de route d’Éric Tabarly. Navigateur, auteur et organisateur de courses au large, il sera mis à l’honneur dès l’ouverture. « Il incarne à lui seul le souffle océanique qui traverse cette édition », souligne Jacques Bruneau, premier adjoint à la mairie du Croisic. Le samedi, les visiteurs pourront participer à des ateliers créatifs pour petits et grands (papiers artisanaux, calligraphie), assister à la traditionnelle dictée Plumes d’Équinoxe, découvrir l’aquarelliste Jean Brouillet, ou encore débattre lors de la table ronde « L’océan en question » avec Sabine Roux de Bézieux, Catherine Vadon et Patrice Decencière. Moment attendu de cette journée : l’intervention d’Yves Bourgeois, invité d’honneur, samedi 27 à 15h30, autour du mystère de Lapérouse, avec la présentation d’un film documentaire et l’annonce d’une nouvelle expédition en 2026. Le dimanche mettra en avant la dimension culturelle et festive du salon : table ronde « Histoires de mer » avec Gilles Bornais, Vincent Guéquière et Karine Parquet, prestation musicale du Bagad Holen Mor de Guérande à l’Ancienne Criée, et projection du film En solitaire de Christophe Offenstein au cinéma Le Hublot à 21h. Tout au long du week-end, le public pourra visiter le Kurun, découvrir les créations des élèves de l’école Jacques Cartier, tester ses connaissances avec des quiz et flâner au stand de la librairie des Cerfs-Volants. « Plumes d’Équinoxe confirme son ancrage : célébrer la mer à travers la littérature et les arts, tout en fédérant habitants, auteurs et visiteurs. Entre tradition maritime et regards d’avenir, l’édition 2025 promet d’être un grand rendez-vous culturel de la rentrée en Presqu’île guérandaise», conclut Jacques Bruneau. La mer et le cinéma s’invitent au Croisic pour Plumes d’Équinoxe 2025 Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville du Pouliguen met en place une aide mensuelle destinée aux étudiants de moins de 26 ans. Cette allocation, versée sur huit mois, s’adresse spécifiquement aux jeunes à partir de leur deuxième année d’études supérieures. Pour bénéficier de cette aide, plusieurs conditions doivent être remplies : l’étudiant doit être fiscalement à la charge de ses parents, disposer d’un logement loué dans le cadre de ses études, et respecter les conditions de ressources établies par la commune. Cette mesure vise à alléger la charge financière pesant sur les familles et à permettre aux jeunes de poursuivre sereinement leurs études supérieures, même lorsque celles-ci nécessitent un déménagement. Parallèlement, la municipalité propose une aide forfaitaire de 300 euros destinée aux apprentis. Cette allocation, accessible sans condition de ressources, peut être perçue à deux reprises : en première et en deuxième année d’apprentissage. Cette mesure témoigne de la volonté communale de valoriser l’apprentissage comme voie d’excellence et d’accompagner les jeunes qui font le choix de l’alternance pour leur formation professionnelle. Les démarches pour obtenir ces aides sont simplifiées. Les imprimés de demande et la liste des pièces justificatives sont disponibles directement auprès du CCAS ou téléchargeables sur le site internet de la Ville. Les étudiants ont jusqu’au vendredi 12 septembre 2025 pour déposer leur dossier, tandis que les apprentis disposent jusqu’au vendredi 5 décembre 2025. Renseignements et inscriptions : CCAS – Hôtel de Ville – 17, rue Jules Benoît. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 11h45 et de 13h30 à 17h (fermé le mardi). Tél. : 02 40 15 08 02 ccas@mai r i e - l epou - liguen.fr Le Pouliguen : nouvelles aides pour les étudiants et apprentis Jacques Bruneau, premier adjoint à la mairie du Croisic
la baule+ 8 | Septembre 2025 Depuis 1997, l’entreprise Bodiguel s’est développée avant tout grâce au bouche-àoreille et aux recommandations de ses clients satisfaits. La question revient souvent lorsqu’on est invité à dîner : « Elle est superbe cette cuisine, qui l’a réalisée ? » La surprise est fréquente : peu imaginent qu’un concepteur et fabricant de cuisines existe à Herbignac. L’histoire de Bodiguel illustre pourtant la capacité d’une PME locale à grandir et à rivaliser avec les grands réseaux internationaux et leurs produits standardisés. À l’origine, David Bodiguel a démarré, avec son épouse Géraldine, dans un petit atelier, à l’image de nombreux artisans en France. Ébéniste de métier, il a toujours travaillé le sur-mesure: meubles, agencements intérieurs, salles de bains et cuisines. Passionné de design, il a déBodiguel : l’exigence d’un fabricant de cuisines sur mesure veloppé sa propre gamme de cuisines « Made in Herbignac ». L’entreprise a progressivement pris de l’ampleur et s’est installée, il y a quelques années, sur un site regroupant l’ensemble des métiers, du bureau d’études à la fabrication en passant par la commercialisation. Bodiguel a changé d’échelle sans perdre son esprit artisanal Aujourd’hui, avec une trentaine de salariés, Bodiguel a changé d’échelle sans perdre son esprit artisanal. Une taille qui permet encore à David Bodiguel de superviser personnellement chaque projet. On n’achète pas une cuisine sur un coup de tête Refaire sa cuisine représente un véritable investissement : c’est la pièce de vie centrale, celle où l’on partage désormais le plus de moments en famille ou entre amis. C’est aussi une installation qui doit durer. Cette dimension du temps et de la qualité est essentielle pour David Bodiguel : « On n’achète pas une cuisine sur un coup de tête, comme un vêtement éphémère. Nous conseillons nos clients, nous travaillons avec eux sur toutes les fonctionnalités, et la cuisine doit s’intégrer parfaitement au style de leur maison ou de leur appartement. » Le local n’est pas plus cher que le prix du marché Choisir une entreprise locale, qui conçoit et fabrique sur place, c’est un gage de qualité et de sécurité, mais aussi un engagement citoyen en faveur de l’emploi local. Certains imaginent encore que le sur-mesure est un luxe. David Bodiguel conteste cette idée reçue : «Le local n’est pas plus cher que le prix du marché, car nous n’avons pas d’intermédiaires. Nous maîtrisons toute la chaîne de fabrication, en circuit court. Une cuisine est produite chaque jour, ce qui nous permet de mieux négocier nos matières premières. » Pour les clients, cela se traduit aussi par un service aprèsvente réactif : « L’essentiel n’est pas seulement de vendre une cuisine, mais d’être présent en cas de besoin. Nous travaillons dans la durée, la confiance est indispensable à la pérennité de l’entreprise. » Une fidélité qui explique sans doute pourquoi Bodiguel conçoit des cuisines depuis bientôt trois décennies. Installée à Herbignac, à une vingtaine de minutes de La Baule, l’entreprise a trouvé sur la zone du Pré Govelin l’espace nécessaire pour accueillir un showroom de 300 m² et des bureaux et ateliers sur 4500 m² : « Les visiteurs comprennent immédiatement pourquoi nous sommes implantés ici », sourit David Bodiguel. Les nouvelles créations sont à découvrir régulièrement sur les pages Instagram et Facebook de la marque. Bodiguel, 1 bis, rue du Pré Govelin, ZA du Pré Govelin, Herbignac. Tél. 02 40 19 91 91. La Ville de Guérande met une nouvelle fois la jeunesse à l’honneur en organisant, le vendredi 12 décembre prochain, la soirée des « Trophées des jeunes ». L’événement se déroulera au centre culturel Athanor – espace Michel Rabreau. Cette soirée vise à valoriser les jeunes guérandais pour leurs talents, leur engagement ou encore leurs réussites, toutes catégories confondues. Quatre grands domaines seront distingués : le scolaire, avec des récompenses pour les meilleurs résultats aux diplômes, les projets originaux ou les parcours atypiques; la citoyenneté, pour saluer les initiatives associatives, solidaires ou environnementales, ainsi que les expériences de bénévolat et de service civique; le sport, avec la mise en avant de résultats marquants, de parcours professionnels ou de performances exceptionnelles ; et enfin la culture, où seront distingués des travaux artistiques, des représentations remarquées ou des parcours professionnels exemplaires. Les candidatures peuvent être proposées par tous. Les dossiers doivent être déposés à la Maison de la Famille avant le 14 novembre. Les formulaires de participation sont disponibles sur le site internet de la Ville, à l’adresse www. ville-guerande.fr. Guérande célèbre sa jeunesse avec les « Trophées des jeunes » Le Centre communal d’action sociale (CCAS) du Pouliguen, en partenariat avec l’Association Santé Éducation et Prévention sur les Territoires (ASEPT), lance un nouveau cycle d’ateliers numériques gratuits destinés aux personnes de 60 ans et plus. L’objectif est clair : accompagner les seniors dans la découverte et la maîtrise des outils numériques du quotidien. Les ateliers, encadrés en petits groupes, se tiendront en mairie (salle 203) les lundis après-midi, de 14 h à 16 h, hors vacances scolaires et ponts. Le cycle comprend dix séances, programmées du 15 septembre au 8 décembre. Les inscriptions, gratuites, sont déjà ouvertes au CCAS (Hôtel de Ville – 17, rue Jules Benoît, Tél. 02 40 15 08 02 – ccas@mairie-lepouliguen.fr). Le Pouliguen : des ateliers numériques pour les seniors
la baule+ 10 | Septembre 2025 La Baule+ : Vous avez été pendant dix ans aux Renseignements généraux, proche d’Yves Bertrand, mais aussi de François Mitterrand que vous avez fréquemment accompagné dans ses déplacements. Vous venez d’enquêter sur ce que l’on appelle l’État profond. Cette expression est connue aux États-Unis, mais très peu en France… Hubert Marty : L’État profond est un concept de sociologie politique qui a été développé par un sociologue canadien, également diplomate, Peter Dale Scott, qui explique que c’est un conglomérat informel de hauts responsables. On retrouve des politiques, mais également des gens issus du monde de la justice, de l’armée, des banques, de la police et de la grande industrie. Ce conglomérat protéiforme se réunit, selon les époques, pour prendre des décisions politiques, financières et criminelles, afin que cela soit favorable à ses intérêts. L’État profond existe dans tous les États modernes. Aux ÉtatsUnis, l’État profond est pour moi à l’origine de l’assassinat de Kennedy en 1963, mais également des tentatives d’assassinat de Donald Trump plus récemment. On voit vraiment la main de l’État profond. Ce sont des actions hors normes, des tentatives d’attentats ou des crimes de masse, organisées de façon construite. Ce ne sont pas des actions isolées. Chaque fois que vous voyez une mort brutale et que l’on vous donne une explication toute faite, en vous indiquant qu’il est inutile de faire une enquête puisque la solution est évidente, vous devez avoir un clignotant qui s’allume. L’État profond prend surtout des décisions pour permettre la perpétuation du pouvoir L’État profond peut-il aussi exister dans des régimes autoritaires, notamment en Turquie, en Chine ou en Russie ? Absolument. Par essence, Enquête ► Le témoignage choc d’un ancien commissaire aux RG Hubert Marty : « L’État profond n’a pas forcément des objectifs politiques, puisqu’il s’attaque à tout ce qui dérange les lobbys puissants. » Hubert Marty, ancien commissaire aux RG, passe souvent ses vacances à La Baule. Il s’apprête à publier un livre intitulé « Face à l’État profond », dans lequel il livre un témoignage sans concession sur de nombreuses affaires politiques non résolues: par exemple, Pierre Bérégovoy, Robert Boulin, la princesse Diana… Il dénonce un système qui n’hésite pas à tuer pour faire taire les plus gênants. Des rapports internes aux enquêtes avortées, chaque élément s’inscrit dans une stratégie de dissimulation. l’État profond est antidémocratique et peu visible. Sa nature est d’être dans l’occulte. Dans les régimes autoritaires que vous citez, c’est même l’État profond qui est au cœur du réacteur. Par exemple, l’État profond a sans doute dû suggérer à Poutine que depuis les événements de Maïdan en Ukraine en 2014, il fallait passer à ce que l’on appelle l’opération spéciale. En Chine, il y a les événements de 1989, Place Tian’anmen, avec le soulèvement des étudiants, qui sont très intéressants. Face à cela, fallait-il agir d’une façon molle, modérée ou violente ? L’État profond a dicté la conduite à tenir en imposant une répression par la force. En général, l’État profond prend des décisions pour se maintenir au pouvoir ou pour une transition de pouvoir, mais il prend surtout des décisions pour permettre la perpétuation du pouvoir. C’est un système de survie. C’est comme le lézard qui perd sa queue, il va régénérer autre chose pour continuer de vivre. Dès qu’il y a un événement étonnant, il faut réfléchir et voir comment l’information mainstream est un rouleau compresseur qui écrase la vérité On est tenté de vous rétorquer que votre vision est complotiste… La vision complotiste est la seule qui soit réaliste. Ce sont des étiquettes qui visent à enlever toute faculté de recul et toute critique. L’objectif étant d’écarter toute vision contradictoire. En plus, on essaye de vous culpabiliser face à une version qui est répétée des milliers de fois. On essaye de vous empêcher de chercher et de faire vous-même votre propre investigation. Un complotiste va tenter de réfléchir, de chercher, de prendre du recul et de se faire lui-même sa propre idée. Dès qu’il y a un événement étonnant, il faut réfléchir et voir comment l’information mainstream est un rouleau compresseur qui écrase la vérité. L’État profond fonctionne parce qu’il a la main mise sur les grands médias. L’illustration la plus symbolique n’est-elle pas l’affaire des prétendues armes chimiques de Saddam Hussein, puisque tous ceux qui pensaient que l’Irak n’en détenait pas étaient à l’époque traités de complotistes ? En regardant les vraies sources d’information, il était facile de comprendre que cette histoire était complètement fausse. Déjà, il fallait réfléchir aux attentats du 11 septembre et à ce que l’on nous a raconté. Je demande souvent aux gens combien de tours se sont effondrées le 11 septembre. Si l’on se contente de regarder les informations, on va répondre deux tours. Ceux qui savent que le WTC7 s’est effondré vers 17h10 vont vous répondre trois tours. Mais ce n’est même pas la vérité, puisque ce sont sept tours qui se sont effondrées! Les médias mainstream occultent souvent des éléments essentiels de l’information face à la vérité des événements. Avant d’entrer aux Renseignements généraux, le policier que vous étiez avait-il conscience de cela ? Je suis allé aux Renseignements généraux par choix. Je revendique l’idée d’être un intellectuel né. J’ai toujours lu des articles et des livres politiques dans ma jeunesse. Ensuite, j’ai fait Sciences Po, une licence en droit, une maîtrise en droit, et j’ai été admissible à l’ENA. Comme je n’ai pas eu les oraux de l’ENA, j’ai passé le concours de commissaire et je suis arrivé major de ma promotion. En sortant, je voulais être dans le renseignement et je me suis orienté vers cette direction. J’ai commencé au Havre. C’était passionnant. C’était au moment de la première cohabitation, nous étions au début de la mondialisation. J’ai connu Jean Lecanuet, Laurent Fabius, François Léotard… J’ai réussi une affaire antiterroriste, fin 1987, en arrêtant un groupe de néonazis. Grâce à nos arrestations, on a évité un bain de sang, car ces garçons préparaient une attaque dans un hypermarché. Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur, est venu me féliciter et c’était le début de ma mise en lumière. Finalement, à la réélection de François Mitterrand, j’ai été choisi pour être le patron des RG dans le département de la Nièvre, celui de François Mitterrand. Bérégovoy : il s’est aperçu qu’il était victime d’une véritable machination d’État Abordons maintenant les circonstances de la mort de Pierre Bérégovoy. Vous êtes de ceux qui estiment qu’il a été « suicidé », pour reprendre cette expression très actuelle… Pour ma part, il a été éliminé, c’est très clair. Ce n’est pas une thèse, c’est le résultat d’une enquête. Je raconte d’abord les mauvaises relations que j’ai eues avec Pierre Bérégovoy, donc je suis bien placé pour essayer de le réhabiliter. C’était un homme un peu buté, obstiné, il avait ses têtes… Il était petit et il n’aimait pas les gens très grands. Il n’avait pas fait beaucoup d’études et il n’aimait pas les gens très diplômés. Quand il m’a vu arriver dans la Nièvre, cela ne lui a pas plu ! À la fin, il s’est aperçu qu’il était victime d’une véritable machination d’État qui a commencé après son discours du 8 avril 1992 à l’Assemblée nationale, quand il a dit que la priorité du gouvernement serait de s’attaquer à la corruption. Reprenez ce discours : il explique que si la justice traîne dans les enquêtes, il poussera pour que l’on aille au fond des dossiers et il produit même une liste de gens qui pourraient être inquiétés par ces enquêtes. À partir de
la baule+ Septembre 2025 | 11 là, toute la classe politique française a pris peur. Il est nommé Premier ministre. Je suis prié de quitter mon poste, mais je fais de la résistance et je décide de rester dans la Nièvre. À ce moment-là, des proches de François Mitterrand me contactent en m’expliquant qu’une opération se prépare pour déstabiliser Pierre Bérégovoy. C’était un an avant l’affaire du canal. Je ne pensais pas du tout qu’ils allaient finir par le tuer un soir de 1er mai. Le problème, c’est qu’il a été six ans au ministère des Finances, où il a pu recueillir énormément d’informations confidentielles sur les flux financiers. À cette époque, il y avait énormément de scandales financiers, comme les frégates de Taiwan, Elf, Pechiney, Urba ou le Crédit lyonnais. Pierre Bérégovoy avait avec lui de vraies bombes et il pouvait dynamiter la classe politique française. Il y a eu un consensus sur le thème: « Si l’on veut continuer à survivre et continuer nos magouilles - gauche, centre et droite - il faut absolument se débarrasser de lui. » Diana : ce n’était pas du tout un accident Vous avez aussi enquêté sur l’accident de la princesse Diana… J’en parlerai dans un prochain livre et j’apporterai les preuves que ce n’était pas du tout un accident. Ce sont des preuves qui ne sont jamais sorties. Des chercheurs indépendants, souvent d’anciens magistrats et policiers, ont largement travaillé là-dessus. Il y a toujours eu des morts et des suicides mystérieux. Maintenant, lorsque vous apprenez qu’Untel s’est pendu oua faitunechute en montagne, comment réagissez-vous ? D’abord, avec beaucoup de méfiance et de circonspection. J’essaye d’analyser les circonstances de l’événement. Pourquoi cet homme, qui grimpait sur les échelles de Notre-Dame, est-il tombé d’un ravin ? Pourquoi cet homme qui s’apprêtait à écrire un livre se retrouvet-il avec un gros coup de déprime ? Pourquoi tel chercheur, spécialisé dans l’intelligence économique, se retrouve-t-il avec une balle dans la tête dans sa voiture ? Chaque fois, je découvre que ce sont des gens qui ont eu un certain courage et une certaine liberté de parole. Ils ont pris position sur des sujets nationaux, ils ont présenté des alternatives et, au lieu de les laisser organiser des débats, on les retrouve brutalement suicidés... Pour moi, c’est une dérive qui n’est pas propre à la France puisque l’on retrouve cela dans de nombreux pays. Quand on se demande qui la personne dérangeait, on trouve rapidement des réponses. (Suite page 12)
la baule+ 12 | Septembre 2025 D’ailleurs, vous êtes tellement prudent que vous vous arrêtez à Jacques Chirac… Est-ce par peur ? Non, je n’ai pas peur, c’est le premier tome. Les deux premières cohabitations sont des périodes très intéressantes. Par exemple, il y a eu la mort du ministre Charles Hernu. C’était un proche de François Mitterrand, plusieurs fois ministre de la Défense. Il a été sacrifié après le scandale du Rainbow Warrior. Il est mort bizarrement en 1990 d’une crise cardiaque au moment d’un meeting politique. J’ai des éléments précis et il aurait subi l’injection d’un produit dans le cou... Bref, il aurait été empoisonné. Cette histoire n’a jamais fait l’objet d’une enquête. Est-ce lié aux rumeurs sur le fait qu’il aurait été un agent de l’Est, notamment proche du KGB ? On a dit que c’était un agent des services secrets bulgares. Je n’ai pas creusé ce dossier. C’est possible, mais j’ai des doutes. Dans la vie politique française, si vous analysez les attaches des uns et des autres depuis un siècle, il y a de nombreux élus qui ont eu des attaches avec les services secrets américains ou russes, mais surtout américains, et qui, pour autant, n’ont pas mené des actions négatives à l’égard de leur pays. Il faut aussi s’interroger sur la mort de Georges Pompidou. C’était le premier successeur du général de Gaulle et il avait poursuivi la politique étrangère du général, c’està-dire un équilibre entre les États-Unis et l’Union soviétique. On permettait aux deux grands de discuter. Il ne faut pas oublier que nous Hubert Marty dans le studio de Kernews. L’ancien commissaire dispose de la planche avec les photos prises après la découverte du corps de Pierre Bérégovoy. Hubert Marty : « Le prince de Broglie avait un dossier encombrant, celui du financement de la campagne de Giscard. » avions abrité les négociations pour la paix au Vietnam. Je pense que Pompidou agaçait les Américains. Je me pose souvent cette question sur sa maladie, la maladie de Waldenström, qui touche à peu près vingt personnes par an en France: donc, la probabilité pour qu’elle touche le président de la République est quand même assez faible ! À partir de 1973, la CIA avait mis un focus sur Pompidou et elle se débrouillait même pour recueillir ses urines pour les analyser. Peut-être que certains attendaient sa fin ? Après la mort de Pompidou, on retrouve deux candidats atlantistes, Giscard d’Estaing, qui a toujours été pro-américain, et Mitterrand, qui était un atlantiste connu. Mitterrand s’était fréquemment opposé à de Gaulle dans sa politique d’indépendance nationale. Regardez les positions de François Mitterrand quand nous sommes sortis de l’OTAN ! Vous évoquez aussi la période Giscard… D’abord, l’affaire de Broglie. C’est un vrai assassinat. Il a été tué trois semaines après la fondation du RPR par Jacques Chirac. Le prince de Broglie avait un dossier encombrant, celui du financement de la campagne de Giscard, et, quand on creuse, on s’aperçoit qu’il avait été financé par des banques espagnoles. Il avait décidé de faire passer ses dossiers à Chirac, qui devenait l’opposant numéro un. J’ai eu la chance de rencontrer Roland Dumas à plusieurs reprises, mais aussi Guy Simonnet, le policier qui a organisé l’assassinat du prince de Broglie. Il m’a raconté avoir rencontré en prison Jacques Mesrine qui lui avait dit avoir des complicités au sein de l’État. D’ailleurs, quand on regarde la façon dont Mesrine s’est évadé à plusieurs reprises, on comprend qu’il a forcément bénéficié de l’appui ou de la connivence de personnes au ministère de la Justice. Je m’interroge ensuite. Est-ce que Mesrine a participé à l’assassinat de Robert Boulin ? Sa mort est très certainement liée à celle de Jean de Broglie. Ensuite, il y a une autre mort mystérieuse, celle de Joseph Fontanet, ancien ministre de Georges Pompidou, qui aurait reçu des confidences sur la campagne de Giscard de la part du prince de Broglie. Ce sont vraiment des affaires d’État. Enfin, avez-vous le sentiment que ces affaires de morts mystérieuses, organisées par l’État profond, se sont amplifiées ces dernières années ? Oui. Il y a des listes qui circulent, avec souvent des lanceurs d’alerte, comme Claire Séverac, notamment sur les questions de conditions de vie, de pharmacie ou de médecine. L’État profond n’a pas forcément des objectifs politiques, puisqu’il s’attaque à tout ce qui dérange les lobbys puissants, à savoir l’armement, la santé, l’énergie et l’agroalimentaire. Tous ces lobbys mènent des actions énormes à Bruxelles pour encourager ou freiner des réglementations sanitaires ou chimiques. L’objectif est clairement d’éliminer tous ceux qui gênent les objectifs et la rentabilité des acteurs de l’État profond. Dès qu’il y a beaucoup d’argent en jeu, si l’on ne touche à rien, il n’y a pas de problème. Mais dès que l’on commence à mettre un grain de sable dans la machine, une alerte se fait. Et cela peut aller jusqu’à la mise hors circuit... Propos recueillis par Yannick Urrien. Après 11 mois de fermeture pour travaux, le bureau de poste de La Baule a réouvert le 21 août dernier, offrant à ses 340 clients quotidiens un espace entièrement métamorphosé. L’établissement a bénéficié d’une rénovation complète de 350 000 euros pilotée par La Poste Immobilier, transformant radicalement l’expérience client. Le nouveau bureau s’articule désormais autour de trois univers distincts. L’espace de vente grand public propose tous les services essentiels de La Poste via des bornes tactiles et des produits en libre-service, incluant une nouvelle gondole La Poste Mobile pour la démonstration de téléphones mobiles. Une grande table permet aux clients de préparer leurs envois avec le matériel mis à disposition. L’espace conseil bancaire a été repensé pour améliorer le confort et garantir la confidentialité. Les six conseillers bancaires sont équipés de tablettes pour simplifier les parcours de vente avec signature électronique et peuvent proposer des rendez-vous en visioconférence. Un espace dédié aux professionnels assure un accueil personnalisé avec des conseillers spécialement formés pour les accompagner dans leurs démarches quotidiennes de financement, assurance, juridique et communication. L’innovation majeure réside dans l’intégration d’un espace Louvre Banque Privée, une première pour La Baule. Deux conseillers spécialisés y accompagnent les clients patrimoniaux en matière d’ingénierie patrimoniale, de gestion et de conseil en investissements, offrant un suivi personnalisé et confidentiel. La Baule : le bureau de poste rouvre ses portes après 11 mois de travaux La rénovation s’inscrit dans une démarche écoresponsable exemplaire. Le bureau a été rénové du sol au plafond avec du mobilier contemporain fabriqué par des PME françaises et des matériaux biosourcés, notamment une peinture aux algues. L’acoustique et la luminosité ont été améliorées grâce à des luminaires 100% LED, tandis qu’une ventilation adaptée optimise la qualité de l’air tout en réalisant des économies d’énergie. Fait remarquable, 85% des déchets générés par les travaux ont été revalorisés. L’équipe de 21 collaborateurs, incluant 11 chargés de clientèle, 6 conseillers bancaires dont 2 conseillers Louvre Banque Privé et 4 managers, accueille les usagers du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 18h, et le samedi de 9h à 12h30. Ce bureau s’inscrit dans un réseau étendu de services postaux à La Baule, comprenant deux agences postales communales, plusieurs points relais et trois partenaires relais colis «Pickup» avec une consigne automatique. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) du Pouliguen innove en proposant, pour la première fois, un atelier collectif gratuit destiné aux futurs et jeunes retraités. Baptisé Bienvenue à la retraite, ce cycle de six séances vise à accompagner ce passage de vie afin de le rendre plus serein, actif et épanouissant. Animés par des intervenants spécialisés, les rendez-vous aborderont des thématiques variées : santé, activité physique, gestion du budget, relations sociales, engagement associatif… Autant de clés pour bien vivre cette transition et construire de nouveaux projets. « La retraite marque un tournant, et il est parfois nécessaire d’être accompagné pour se projeter dans ce nouveau rythme », souligne la municipalité, qui souhaite offrir aux participants un espace d’échanges et d’informations. Les ateliers auront lieu en mairie, salle 203, chaque vendredi matin de 10 h à 12 h, aux dates suivantes : 19 et 26 septembre, 3, 10 et 17 octobre, puis 14 novembre. Le nombre de places étant limité à 15, les inscriptions sont obligatoires auprès du CCAS (02 40 15 08 02 – ccas@ mairie-lepouliguen.fr). Le Pouliguen : un atelier pour bien préparer sa retraite
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