Moustique tigre : le petit envahisseur qui s’installe dans nos jardins

Il ne fait guère plus de 5 millimètres, se reconnaît à ses rayures noires et blanches, pique plutôt le jour, et suffit désormais à rappeler que les désagréments venus du Sud ne s’arrêtent plus aux portes de la Loire. Le moustique tigre, de son nom scientifique Aedes albopictus, poursuit son implantation en France et les Pays de la Loire n’échappent pas à cette progression. L’Agence régionale de santé appelle donc les habitants à la vigilance, à l’approche des beaux jours, période où l’insecte redevient particulièrement actif.

La Loire-Atlantique, avec ses jardins, ses terrasses, ses résidences secondaires et ses nombreux points d’eau oubliés après une averse, offre parfois sans le vouloir un terrain favorable à ce moustique venu d’Asie du Sud-Est. L’ARS rappelle qu’il est désormais implanté dans toute la région Pays de la Loire. Sa présence n’est pas seulement une nuisance estivale : il peut, dans certaines circonstances, transmettre des virus comme la dengue, le chikungunya ou le zika. Le risque de transmission locale reste encadré et suppose qu’un moustique pique d’abord une personne infectée, généralement de retour d’une zone où ces maladies circulent, avant de piquer une autre personne. Mais cette possibilité explique la surveillance renforcée mise en place par les autorités sanitaires.

Dans la région, des opérations de lutte antivectorielle ont déjà été déclenchées par le passé après des cas importés, notamment à Bouguenais, Trélazé ou Nantes. Ces interventions visent à éviter qu’un moustique local ne devienne, à son tour, vecteur de la maladie. Elles ne remplacent toutefois pas les gestes du quotidien, car les traitements ponctuels n’agissent ni sur les œufs ni sur les larves.

Le véritable combat se joue donc à l’échelle de chaque maison. Le moustique tigre se développe dans de toutes petites quantités d’eau stagnante : une coupelle sous un pot de fleurs, un seau oublié derrière un cabanon, une gouttière encombrée, un arrosoir, un pied de parasol, une bâche mal tendue ou un récupérateur d’eau insuffisamment fermé. L’ARS invite à vider, couvrir, ranger ou retourner tous ces contenants, au moins une fois par semaine. Le principe est simple : supprimer les lieux de ponte pour casser le cycle de reproduction.

Ce moustique a aussi une particularité qui le rend pénible dans les zones habitées : il se déplace peu, mais il s’installe durablement près de l’endroit où il est né. Autrement dit, lorsqu’il pique dans un jardin, il vient souvent de ce même jardin ou du voisinage immédiat. La lutte contre sa prolifération devient donc une affaire de quartier autant qu’une consigne sanitaire. Dans les communes littorales, où l’on vit volontiers dehors dès les premiers soleils, le sujet est loin d’être anecdotique.

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