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Tout savoir sur la future Promenade de mer à La Baule

C’est un projet que l’on évoque depuis des décennies : la modernisation nécessaire du remblai afin qu’il soit conforme aux attentes que l’on peut avoir lorsque l’on se promène devant la plus belle plage d’Europe. On sait qu’il s’agit d’un programme long et coûteux. La ville de La Baule vient d’annoncer le calendrier des travaux en présentant les maquettes de ce que l’on appelle désormais la Promenade de mer.

Depuis septembre 2021, la ville de La Baule, les concepteurs du projet (paysagistes, architectes, bureaux d’études…) et les contributeurs de la concertation travaillent pour imaginer un lieu ouvert, moderne, apaisé et attractif. Chaque étape a été pensée en lien étroit avec les Baulois et l’équipe municipale dans le cadre d’une concertation ambitieuse. Franck Louvrier, maire de La Baule, insiste sur ce travail de concertation qui a été mené par l’équipe municipale : « Depuis bientôt un an, nous menons ensemble, élus, cabinets d’étude, État, résidents à l’année ou secondaires, touristes de passage, collégiens et lycéens, professionnels de la plage, une réflexion commune pour dessiner le visage de notre future promenade de mer. Réunions publiques, ateliers de travail, plateforme Internet interactive, boites à idées… ont été autant d’occasions pour que chacun s’exprime et fasse état de ses idées ou suggestions. Ces échanges constructifs ont fait que cette concertation publique a été une vraie réussite, particulièrement productive ». En effet, Danielle Rival, adjointe en charge de la promenade de mer et de l’urbanisme, souligne que « tout le monde a eu l’occasion de s’exprimer : 504 personnes ont participé aux 5 ateliers dédiés aux habitants et aux professionnels, 600 Baulois ont assisté à la première réunion publique, 130 habitants ont été consultés lors des deux rencontres dans l’espace public. Par ailleurs, il y a eu 3 rencontres avec les 26 jeunes du Conseil Municipal des Jeunes et 145 lycéens du Lycée Grand-Air. Enfin, la ville a enregistré 420 contributions via les registres papier et en ligne, la cartographie participative ou les courriers ».

Les élus en charge de ce dossier sont Danielle Rival, Sophie Minssart et Caroline Glon. Elles précisent que « la réflexion remonte à 2019 et elle a permis de définir quatre objectifs : favoriser les mobilités douces et actives en rééquilibrant le partage des usages sur le front de mer, créer de nouveaux espaces de convivialité et promouvoir une diversité de services et d’activités, valoriser le végétal en révélant la présence de la « ville-jardin » au bord de l’océan et concevoir des aménagements innovants et répondant aux défis de la transition écologique ». Mais, ce qui est plus innovant, c’est qu’il ne s’agit pas de créer un boulevard de mer uniforme, car la ville précise avoir « une attention particulière à la préservation des différentes ambiances des quartiers traversés ». Pour marquer ce changement entre les quartiers, on découvre le concept de passes, un marqueur fort du projet, que l’on peut qualifier de virgules architecturales qui viennent séquencer les 5,4 kilomètres de promenade. Ces passes seront conçues comme des lieux d’animation particuliers avec une identité propre à chaque secteur. On retrouvera ainsi la passe Lajarrige, la passe De Gaulle et la passe Marie-Louise.

Chaque détail a été envisagé et, comme l’on pouvait s’en douter, le projet prévoit une réduction de la place de l’automobile afin de laisser davantage d’espace aux piétons. L’étude de la municipalité souligne : « Cette exiguïté de l’espace piéton interdit quasiment la marche très lente, la pause, la contemplation simple, car on peut se sentir pressé par le mouvement des utilisateurs les plus rapides (joggeurs). Le profil actuel est composé de deux demi-chaussées larges, séparées par un terre-plein central. Il y a beaucoup de place perdue (marquages en zébra et surlargeurs…). L’emprise végétale est assez faible, répartie sur les ronds-points et sur le terre-plein central principalement, elle ne concerne donc que la voiture. La place des cyclistes est quasi inconsidérée. Il s’agit de procéder en faveur d’une plus juste répartition de l’espace au profit des modes doux de déplacement et d’une place plus importante pour le végétal ». Concrètement, l’espace pour les piétons sera augmenté de 35 %, la piste cyclable sera sécurisée et bidirectionnelle, et l’on retrouvera 480 appuis pour les vélos, contre 130 actuellement. Les matériaux seront naturels, avec des couleurs claires, 800 arbres seront plantés, le paysage nocturne sera renouvelé, le linéaire des bancs publics passera de 293 à 904 mètres et l’accessibilité de la plage aux personnes à mobilité réduite sera renforcée.

La ville de La Baule a aussi voulu que l’environnement s’inscrive au cœur du projet, en favorisant l’économie circulaire, puisque l’enjeu sera de reconstituer la route à partir de ses déchets de déconstruction, avec comme objectif final de tendre vers une route à 100 % recyclée. Le document de travail souligne : « La pierre naturelle qui va être utilisée pour les bordures et le pavage des transversalités importantes est en soi un matériau à faible impact carbone lorsqu’il s’agit d’une ressource locale. En revanche, sur de nombreux projets d’aménagement, il a été constaté que les distances d’acheminement des pierres naturelles pouvaient être considérables (Chine, Inde…) avec pour conséquence un poids carbone important lié au transport. Limiter l’impact carbone lié à l’utilisation de pierres naturelles consiste donc à privilégier dès que possible le réemploi et privilégier les provenances locales ». À travers la gestion des eaux pluviales, trois objectifs peuvent être mis en avant : gestion séparative (en évitant le renvoi vers les réseaux des eaux usées), gestion de la pollution des eaux de ruissellement, gestion du parcours des eaux pluviales comme source d’arrosage des plantations : « Le projet intègre la gestion de toutes les eaux pluviales par infiltration, en particulier dans les espaces verts (le substrat sableux s’y prête parfaitement bien). Il s’agit là d’un dispositif particulièrement intéressant du point de vue environnemental (limitation des pollutions, arrosage des espaces verts…). Un cas particulier est cependant à noter : le ruisseau de Mazy (au niveau de l’avenue de Lyon) qui pose des problèmes de rejet en mer. Des travaux d’amélioration du fonctionnement et de l’esthétique de cet ouvrage seront engagés dès l’automne 2022 ». Le projet aborde également la question des îlots de chaleur urbains à travers un renforcement de la végétation qui favorise la strate arborée, avec des essences à houppiers permettant de faire de larges surfaces d’ombrage. Les couleurs de sol claires envisagées pour la promenade seront aussi particulièrement favorables à la réduction de la chaleur.

En ce qui concerne l’énergie, le choix des sources leds intègre également le critère de leur efficacité énergétique. Un objectif a minima de 60lm/Watt à une température de 2200 K sera recherché. La consommation d’énergie par rapport à la situation existante va être divisée par deux. En complément de ce gain notable, la ville recherche actuellement un ou plusieurs secteurs (hors projet de la promenade) de mise en place de panneaux photovoltaïques sur environ 700 mètres carrés, ce qui permettrait de produire l’équivalent de la consommation future d’éclairage de la promenade. La bande dévolue aux modes doux en front de mer est proposée avec des surfaces végétales généreuses pour accentuer la présence du végétal, tout en diversifiant les strates. Les essences seront sélectionnées par rapport à leur caractère indigène et à leur capacité d’adaptation au contexte très spécifique d’un bord d’océan (vent, atmosphère saline, nature du substrat). Le bon choix de ces essences permettra de reconstituer des biotopes favorables au développement de la biodiversité. La question de la pollution lumineuse est aussi traitée. En effet, l’éclairage artificiel perturbe les activités nocturnes de certaines espèces lucifuges telles que les chiroptères ou les insectes. Dans cette logique, le projet d’éclairage favorise les sources lumineuses orientées vers le sol avec des optiques permettant de focaliser le flux lumineux vers les surfaces nécessitant d’être éclairées sans pollution lumineuse.

Compte tenu de l’envergure du projet (5,4 kilomètres de linéaires) et du coût que représente cette opération, la commune a identifié 4 tranches de travaux, selon un planning prévisionnel actant le démarrage de ceux de la première tranche fin 2022, pour aboutir à l’achèvement de la quatrième et dernière tranche à l’horizon 2030. Au total on distingue quatre séquences de travaux : des immeubles en vagues à l’avenue qui se trouve à la hauteur de la thalasso de La Baule-les-Pins, puis de la thalasso à la passe De Gaulle, puis de la passe De Gaulle à la hauteur de L’Hermitage, puis de L’Hermitage au Pouliguen. La première tranche de travaux s’harmonisera donc avec les travaux déjà engagés à Pornichet. Chaque séquence nécessite environ deux ans entre les autorisations de l’Autorité environnementale, l’enquête publique, la validation du permis d’aménager et les travaux de voirie. Franck Louvrier, maire de La Baule, conclut : « Un projet clair se dessine, le visage de notre future promenade de mer prend forme, en tenant compte de tous les usages et des différents modes de mobilité, des enjeux environnementaux et des nouvelles technologies. Ce n’est qu’un début : cette interaction avec les usagers va se poursuivre tout au long de la réalisation de notre projet, pour avoir une promenade de mer digne de La Baule-Escoublac ».

Écrit par Rédaction

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