Michèle Quellard, maire du Croisic, brigue un quatrième mandat. Bilan, désert médical, rumeurs de départ en cours de mandat — elle répond sans détour.
Seule la version audio de cet entretien engage la candidate.
Kernews : Trois mandats derrière vous. Quel bilan tirez-vous de celui qui s’achève ?
Michèle Quellard : Je crois avoir fait ce qu’on m’avait demandé de faire. Quand je m’engage, je respecte ma profession de foi. Sur ce dernier mandat, j’estime avoir tenu environ 90 % de mes engagements. Le seul point qui m’échappe encore, c’est la salle des fêtes — un sujet majeur, que le Covid a retardé et que je devrai reprendre rapidement si je suis reconduite, ce que j’espère vivement.
Le sujet qui fâche, c’est l’absence de médecins.
Attention, nous ne sommes pas dans le désert total : deux généralistes, des spécialistes, une maison paramédicale qui fonctionne bien. Mais il faudrait deux médecins supplémentaires, c’est une réalité. On me prête des positions que je n’ai pas — on dit que je serais contre le salariat, c’est totalement faux. Nous avions justement commencé à travailler avec Batz-sur-Mer sur un dispositif de médecins salariés qui interviendraient une journée ou une journée et demie par semaine au Croisic. Ça ne s’est pas concrétisé, pour des raisons sur lesquelles je ne vais pas m’étendre. Mais je continue à travailler sur le sujet, et je suis ouverte à toutes les formules — salariat comme exercice libéral.
Ce serait donc une évolution de votre position ?
Non, pas du tout. J’ai toujours été pour l’ouverture. On pensait peut-être que la voie libérale serait plus simple à mettre en œuvre, parce que le salariat implique un cadre différent, des aménagements particuliers. Mais je n’ai jamais fermé cette porte, et je le redis clairement.
Sur les marchés, on entend que vous laisseriez votre siège en cours de mandat à Sylvie Gosselin, votre nouvelle colistière — certains parlent de « parachutage ».
C’est absolument faux. Je n’ai pas l’habitude de quitter le bateau en pleine traversée. Et si vous m’écoutez, vous entendez quelqu’un qui a la pêche. Je connais ce terrain parfaitement. Je ne vois pas pourquoi je partirais au beau milieu d’un mandat. Je ne ferai peut-être pas de cinquième — mais celui-ci, je compte bien le mener jusqu’au bout.
On évoque aussi votre âge.
Ah, l’âge… Je me demande si on poserait cette question à un homme. Ce n’est jamais que deux chiffres côte à côte. Je vais bien, j’ai l’expérience, j’ai la passion, j’ai la pêche. J’ai 82 ans — et à l’antenne, est-ce que ça s’entend ? J’espère que non. Trois mandats, environ 20 millions d’investissements à chaque fois, une ville en bonne santé financière — les articles de presse le confirment. J’ai encore des projets devant moi : le chantier naval, le logement, et je viens de racheter une partie de l’école privée pour offrir enfin des locaux décents aux associations. J’ai envie de continuer, et j’espère en avoir la possibilité.
