Anne Boyé : « Combattre la fracture sociale à l’échelle locale. »

Anne Boyé, tête de liste de gauche à La Baule, défend un programme ancré dans le quotidien des résidents permanents — santé, solidarité, mobilités — et revendique une équipe à l’image de la France ordinaire.

Seule la version audio de cet entretien engage la candidate.

Kernews : Comment résumeriez-vous votre programme ?

Anne Boyé : De loin, tous les programmes semblent parler des mêmes sujets. Mais on n’en parle pas de la même façon, et on n’a pas les mêmes solutions. Notre point de vue de fond, c’est de s’occuper de la vie des gens qui vivent à La Baule toute l’année. Et quand on les rencontre, la première chose dont ils parlent, c’est la santé. Des retraités, parfois aisés, qui arrivent à La Baule et qui ne trouvent pas de médecin traitant — il faut aller à Saint-Nazaire, parfois plus loin. Toutes les villes se font concurrence pour attirer des médecins, parce qu’il n’y en a pas assez. Alors nous proposons autre chose : une maison médicale d’un genre nouveau, conçue autour de la prévention autant que du soin, ouverte à toutes les générations, à tous les problèmes — y compris psychiatriques — où médecins, spécialistes, infirmiers et infirmières travaillent ensemble. Si on fait une offre vraiment différente, peut-être que de jeunes médecins et soignants seront séduits. Il faudra aussi les aider à trouver un premier logement — ça fait partie du projet.

Ce type de dossier ne devrait-il pas relever de l’intercommunalité ?

C’est précisément pour ça que nous ne raisonnons jamais à la seule échelle bauloise. Il faut se mettre en synergie avec les communes voisines. On a rencontré beaucoup de gens qui vivent sur Beslon et qui, pour leurs besoins quotidiens, viennent naturellement à La Baule plutôt qu’à Guérande. L’offre médicale qu’on pourrait construire les concernerait aussi. Mais pour que ça fonctionne, il faut des mobilités — des transports en commun dignes de ce nom. Santé et déplacement sont indissociables.

Votre programme place la santé, la solidarité, les mobilités douces, la culture, le sport — et vous ne voulez pas augmenter les impôts. On pourrait presque dire que c’est un programme chiraquien, fracture sociale…

Si c’est combattre la fracture sociale à l’échelle locale, j’assume tout à fait. Nous raisonnons municipal, éventuellement intercommunal — pas national. Je sais bien que les confrontations nationales rejaillissent sur le local, et que dans la rue on entend parfois « la gauche… » avec tout ce que ça sous-entend. Mais moi, je défends ma gauche, celle que j’ai représentée pendant tout un mandat, et j’espère l’avoir bien représentée.

Votre liste donne l’image d’une France ordinaire, sans bling-bling.

C’est exactement ça, et c’est voulu. C’est une diversité de professions, des gens qui se sont confrontés aux problèmes du quotidien de toutes les classes sociales — des personnes en vraie difficulté, mais aussi des gens plus aisés qui veulent autre chose pour La Baule. Si je dis « force tranquille », la connotation risque de s’imposer d’elle-même — mais c’est un peu ça, quand même.

Sur le logement, vous auriez pu jouer une carte plus démagogique et radicale…

On a effectivement un nombre significatif de logements complètement vacants à La Baule. Augmenter la taxe sur les résidences secondaires — nous ne l’excluons pas, si l’on veut financer notre programme. Mais ce serait une hausse mesurée : 5, peut-être 10 %, rien d’excessif. Il faut aussi garder à l’esprit que derrière « résidence secondaire », il y a certes des villas de standing, mais aussi des petits studios hérités de la famille, qui permettent à des gens modestes de venir en vacances. Ce n’est pas la même réalité.

À quoi bon voter pour vous si vous ne serez pas majoritaires ?

Tout peut arriver — y compris être majoritaires. Et si vous pensez qu’on peut faire des choses bien pour La Baule, votez pour nous. J’espère avoir montré pendant ce mandat qu’on pouvait me faire confiance.

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