Anne Boyé : « Je représente une gauche qui n’est pas celle des grandes villes. »

Interview d’Anne Boyé, tête de liste de la gauche à La Baule

Seule la version audio de cet entretien engage la candidate.

Kernews : Il y a peut-être un vote anti-municipalité sortante dans votre électorat, et un vote de gauche sincère qui va se reproduire au second tour. Que dites-vous à vos électeurs ?

Anne Boyé : Je pense que les Français et les Françaises d’une manière générale, et donc sûrement les Baulois et les Bauloises, sont lassés de voter à chaque fois contre quelque chose et jamais pour. J’espère représenter suffisamment d’avenir intéressant pour La Baule, et que notre programme est un bon programme. J’espère que c’est vraiment un vote d’adhésion à ce que je représente et à ce que notre liste propose. Je pense que c’est un électorat fidèle, mais qui j’espère grandit aussi — parce qu’à force de nous côtoyer, on se dit que c’est quand même intéressant d’avoir ce type d’opposition dans une municipalité : une opposition qui construit, qui respecte ses valeurs, qui est honnête, qui est fidèle. J’espère que c’est pour ça qu’ils ont voté.

Défendre les gens qui ont besoin d’être défendus

Quelle gauche incarnez-vous ?

Pour notre liste, c’est assez clair : nous avons un certain nombre de personnes engagées dans un parti — le Parti socialiste, dont je fais partie, Place publique, les écologistes et le Parti communiste français. Mais la très grande majorité de notre liste n’est pas partisane ; elle adhère à des valeurs humanistes. J’ai montré que c’étaient mes valeurs : défendre les gens qui ont besoin d’être défendus – des travailleurs, des travailleuses qui ont beaucoup donné et qui se retrouvent avec de petites retraites, sans toujours savoir comment s’exprimer. Et puis il y a aussi toute une frange de la population – classe moyenne, petite ou grande – qui partage cette pensée humaniste, cette envie d’un bel avenir pour tout le monde. Une fois élue conseillère municipale, je représente tous les habitants de La Baule, sans exception. C’est ça, ma gauche : vivre ensemble pour le mieux de tous, toutes générations et toutes classes sociales confondues. Je n’exclus personne, je sais écouter – c’était mon métier – et je pense que toutes les idées sont bonnes à prendre. Je suis sincèrement triste que le RN ait passé la barre des 10 % – je le reconnais, même si je respecte ceux et celles qui ont voté pour eux. Mais franchement, c’est contre mes valeurs, et je pense que ce n’est pas non plus un bon vote pour La Baule.

Êtes-vous une sorte de gauche qui n’existe plus, peut-être un repère pour un Parti socialiste qui se cherche, qui donne parfois l’impression d’une gauche très parisienne, très bobo, déconnectée ? Vous incarnez encore une gauche à la Pierre Bérégovoy…

C’est un compliment. Vous l’avez bien souligné : je représente une gauche qui n’est pas celle des grandes villes, et c’est une position parfois difficile à défendre. Je suis au Parti socialiste, mais il y a aussi des gens de gauche qui vivent en milieu rural, dans de petites villes, et qui n’ont pas les mêmes préoccupations que les métropoles. Ce que je défends, c’est précisément d’être à l’écoute de tout le monde, partout en France. Je ne suis pas la gauche parisienne, je ne suis même pas la gauche nantaise. Je suis une gauche qui représente, je crois, une grande majorité de la population française.

Partager