Franck Louvrier revient sur six ans de mandat, les chantiers en cours et les engagements qui l’attendent si les Baulois lui renouvellent leur confiance.
Seule la version audio de cet entretien engage le candidat.
Kernews : Claude Chabrol aurait eu matière à s’inspirer de ces élections municipales, à La Baule comme ailleurs. La vie politique locale semble particulièrement animée…
Franck Louvrier : C’est d’abord le signe d’une vraie vivacité démocratique, et ça, je le trouve réjouissant. Le fait qu’il y ait des listes, une campagne, un débat — c’est la noblesse de la démocratie. Ce rendez-vous a lieu tous les six ans, c’est le moment de remettre les compteurs à zéro. Sur les excès que l’on entend parfois, notamment sur les réseaux sociaux, je pense qu’ils ont pu amplifier les tensions, voire les haines. Mais contrairement à certains de mes opposants, je ne crois ni à la division, ni à la revanche, encore moins à la démagogie. La gestion municipale, c’est du quotidien concret pour nos concitoyens. Il faut être à la hauteur.
Vous revendiquez 90 % de promesses tenues. Les 10 % restants, c’est quoi ?
C’est souvent le temps administratif qui n’est pas le temps politique. L’hôtel de police municipal, par exemple j’aurais voulu aller plus vite. Il aura fallu six ans, et sa sortie de terre n’interviendra que cette année. La maison médicale, c’est pareil : la santé n’est pas une compétence municipale, il a fallu négocier avec l’Agence régionale de santé, monter un projet public-privé. Résultat : une maison médicale est en construction place Lafayette, une autre, qui partait vers un projet immobilier, entrera en rénovation à partir de septembre. Le temps coule vite quand il y a beaucoup à faire, et c’est là toute la difficulté de l’exécution.
Le Khédive, place Leclerc, illustre bien cette lenteur. L’arrêté de démolition remonte à l’ère Métaireau, et le bâtiment est toujours là…
C’est un projet privé du groupe Giboire — et c’est justement là que réside la difficulté. Ils ouvrent dans quelques semaines un hôtel de plus de cent chambres, avant d’enchaîner sur le Khédive. J’en ai vu les premières esquisses : les Baulois en seront ravis, l’architecture de la place Leclerc y est pleinement respectée. Mais les délais sont ce qu’ils sont : faire un hôtel en France, c’est douze à treize ans. Un commissariat, pareil. Un lycée, plus de dix ans. Les procédures sont bien plus lourdes qu’autrefois.
Sur le front de mer, certains continuent de dire que ça n’avance pas…
La promenade avance, et elle avance dans les temps prévus. La première tranche — au pied des immeubles en vague — est déjà ouverte aux piétons. L’ouverture à la circulation aura lieu en juin. La météo nous a parfois freinés ces dernières semaines, mais l’objectif de 2030 tient. Il faut rappeler que ce projet attendait depuis vingt-cinq ans. Quelques petites surprises en cours de chantier, comme toujours dans les travaux, mais rien qui compromette le calendrier.
Ce que l’on voit aujourd’hui face aux immeubles en vague, c’est le gabarit définitif jusqu’au Pouliguen ?
Tout à fait. Une chaussée aller-retour pour les voitures, une zone douce pour les piétons, une piste cyclable sécurisée dans les deux sens — et beaucoup de végétation : plus de sept cents arbres plantés sur l’ensemble du tracé. Les constructions des années 60 avaient créé une coupure entre la forêt d’Escoublac et la façade maritime. Il fallait rétablir cette continuité végétale. Et au-delà de la vitrine, c’est une protection contre la mer. On ne travaille pas pour les prochaines années — on travaille pour plus de cent ans.
Franck Louvrier évoque ensuite la composition de sa liste et annonce l’une des mesures phares de son programme : la reprise en main de la plage par la Ville. Bertrand Plouvier sera adjoint délégué à la plage, à la promenade de mer et au port. « J’ai pris l’engagement : en 2029, la ville reprendra la gestion de sa plage », affirme-t-il. Un dossier complexe, puisque le domaine public maritime appartient à l’État et que la concession est aujourd’hui privée — une situation unique en France. Des négociations s’ouvriront dès le lendemain du scrutin avec les services de l’État, les commerçants de la plage, les clubs sportifs et d’animation. « C’est un travail de longue haleine, dit-il. C’est pour ça que j’ai voulu créer un poste d’adjoint dédié. Il y a beaucoup sur l’établi. »
