Il n’a jamais siégé au conseil municipal, mais il connaît la vie de la commune de l’intérieur. Stéphane Perrard, 59 ans, diagnostiqueur immobilier, est le mari de Valérie Perrard, adjointe au maire sortant Hubert Delorme. « Je baigne dedans depuis douze ans », résume-t-il. Quand le maire a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, les adjoints restants ne souhaitaient pas endosser le costume de tête de liste, mais étaient prêts à soutenir leur candidat. « Aujourd’hui, une dizaine d’élus de la majorité me suivent », assure-t-il.
La liste qui s’est constituée autour de lui a trouvé son nom : Partageons aujourd’hui, agissons pour demain. Elle affiche une moyenne d’âge de 49 ans, avec la plus jeune colistière à 20 ans et le doyen à 79 ans, et respecte la parité homme-femme imposée par la loi. « Je n’ai jamais demandé à mes colistiers quelles étaient leurs intentions de vote. Je pense que c’est ce qui fait notre force, c’est la pluralité », explique Stéphane Perrard au micro de Kernews. La liste sera opposée à celle de Pascale Gay, Notre avenir ensemble.
La campagne, cependant, ne se déroule pas dans la sérénité. « On est diffamés sur plusieurs sujets, mon épouse et moi, mes colistiers, ça va jusqu’à des comparaisons avec des personnes qui ont fait de la prison », déplore le candidat, qui dit attendre une décision du procureur suite à une plainte pour diffamation déposée après des publications sur les réseaux sociaux.
Sur le fond, Stéphane Perrard entend poursuivre la méthode de son prédécesseur : avancer dossier par dossier. « Lors du premier mandat d’Hubert, c’était la rénovation du centre-ville. Pour le deuxième, c’est la création de la crèche, qui va sortir avant les élections. » Pour le sien, la priorité irait aux seniors et au logement. Saint-Molf ne dispose en effet d’aucun Ehpad ni résidence autonomie, une lacune que le candidat souhaite combler. Dans le même temps, il veut permettre aux jeunes de rester sur la commune, aujourd’hui la plus jeune du territoire de Cap Atlantique, en développant une offre locative et des solutions d’accession à la propriété sur les dernières enveloppes foncières autorisées par le PLU et le SCOT. Car la commune est contrainte : la loi SRU lui impose un plafond de 3 500 habitants, et Saint-Molf en compte déjà 2 915, auxquels s’ajoutent environ 20 % de résidences secondaires. « Il faut être vigilant sur l’évolution de la population dans les années à venir », prévient-il.
La commune aborde ce scrutin dans une situation budgétaire serrée. Elle porte encore 1,5 million d’euros d’emprunt contracté pour la rénovation du centre-bourg, et consacre chaque année entre 100 000 et 150 000 euros à la remise en état de sa voirie. Mais c’est la masse salariale qui pèse le plus lourd : elle absorbe 62 % du budget communal, laissant peu de marges pour investir dans l’enfance, la jeunesse, les associations ou les équipements vieillissants, à commencer par le gymnase. « Il va falloir des idées ingénieuses pour que les finances s’améliorent », reconnaît le candidat, qui dit vouloir déléguer largement à ses adjoints pour gagner en efficacité.
Du côté des atouts, Saint-Molf peut s’appuyer sur un tissu commercial encore solide – boulangerie, boucherie, tabac, restaurants, supermarché – et sur un pôle médical stable avec médecin et dentiste installés de longue date. Des fondations sur lesquelles Stéphane Perrard entend construire.
Contact : saintmolf2026.2032@gmail.com
