1er mai à La Baule : pourquoi Franck Louvrier veut faire évoluer les règles du travail et de la vente du muguet

Le débat sur le travail du 1er mai reste ouvert, et Franck Louvrier entend bien y prendre sa part. Le maire de La Baule-Escoublac regrette la prudence du gouvernement, qui a finalement limité les possibilités d’ouverture aux boulangers et aux fleuristes indépendants, sur la base du volontariat des salariés. Pour l’élu baulois, cette avancée demeure trop limitée au regard des attentes de nombreux professionnels.

Franck Louvrier défend une position claire : permettre à ceux qui le souhaitent de travailler ce jour-là, sans remettre en cause le principe du repos hebdomadaire. Selon lui, dans un contexte de perte de pouvoir d’achat et de hausse du coût de la vie, le travail volontaire du 1er mai peut représenter une opportunité pour les salariés concernés, puisqu’il est payé double. Il estime que certaines oppositions syndicales restent marquées par des considérations idéologiques et freinent une évolution qu’il juge nécessaire.

Le maire met également en avant le cas particulier de La Baule-Escoublac, classée en Zone Touristique Internationale. Ce statut permet à certains commerces de détail de déroger au repos dominical et d’ouvrir en soirée, jusqu’à minuit, toute l’année. La Baule fait partie des rares communes concernées en France, aux côtés notamment de Paris, Nice ou Deauville. Pour Franck Louvrier, ce classement traduit le rayonnement touristique et commercial de la station.

Mais l’élu pointe une incohérence locale : la ZTI ne couvre pas l’ensemble de la commune. À La Baule, elle concerne seulement quatre secteurs, à savoir le quartier du casino, le marché central, l’avenue de Gaulle et ses rues perpendiculaires, ainsi que l’avenue Lajarrige. Il en résulte, selon lui, une situation difficilement compréhensible : un commerçant situé dans un secteur pourrait ouvrir quand un autre, installé ailleurs dans la même commune, devrait théoriquement rester fermé. Franck Louvrier plaide donc, à terme, pour une extension du périmètre de la ZTI à toute la commune.

Le maire s’est aussi saisi d’un autre sujet lié au 1er mai : la vente libre du muguet. Tradition populaire, parfois pratiquée par des enfants ou des particuliers le temps d’une journée, elle est selon lui devenue ces dernières années source de dérives. Il cite notamment des ventes organisées sous forme de stands, des installations à proximité immédiate de fleuristes, des ventes de produits sans rapport avec le muguet ou encore des sollicitations insistantes envers les passants.

Pour encadrer plus strictement cette pratique, Franck Louvrier a signé un nouvel arrêté municipal, remplaçant un texte datant de 1999. La vente occasionnelle de muguet sera autorisée le 1er mai, mais uniquement entre 8h et 18h. Elle devra rester non professionnelle, sans installation de type table, stand, véhicule ou sonorisation. Elle sera limitée au muguet en brins, sans emballage ni composition florale.

Autre changement important : les vendeurs occasionnels devront se tenir à au moins 80 mètres des fleuristes, commerces de végétaux et marchés, contre 50 mètres auparavant. L’arrêté interdit également la vente par des mineurs non accompagnés et rappelle plusieurs obligations liées à la propreté, à la sécurité et à la tranquillité publique.

La Ville ne pouvant pas imposer d’autorisation préalable, les contrôles auront lieu le jour même. Franck Louvrier indique que les services municipaux seront mobilisés pour faire respecter ces nouvelles règles dans les différents secteurs commerciaux de La Baule-Escoublac.

Pour le maire, l’enjeu dépasse la simple vente de quelques brins de muguet. Il y voit une manière de protéger les commerçants locaux, de préserver la tranquillité publique et de rappeler que la liberté commerciale doit s’exercer dans un cadre clair. « À La Baule-Escoublac, la liberté a ses règles », résume-t-il.

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