Pays de Retz : l’association Paysages de France intensifie la lutte contre les panneaux publicitaires illégaux

Présente depuis de nombreuses années sur le terrain de la pollution visuelle, l’association Paysages de France renforce actuellement ses actions dans le Pays de Retz. Près de quinze communes du territoire ont récemment été mises en demeure de se conformer à la réglementation sur l’affichage publicitaire.

Selon l’association, plusieurs municipalités ont rapidement procédé au retrait ou à la mise aux normes des dispositifs concernés. D’autres, en revanche, tardent à réagir malgré les rappels réguliers de l’organisation et les obligations légales.

« On finit par ne plus les voir, mais ils abîment vraiment nos paysages »

Pour Jean-Marie Delalande, président de Paysages de France, l’enjeu dépasse la simple esthétique :
« Le problème de ces panneaux, c’est qu’on s’y habitue, alors qu’ils portent une atteinte forte au paysage. »
L’association mène un travail de longue haleine contre toutes les formes de nuisances visuelles, des déchets abandonnés aux grands pylônes, en passant par les affichages sauvages qui bordent les routes.

En Loire-Atlantique, et particulièrement dans le Pays de Retz, l’action s’appuie sur un adhérent discret mais très actif, qui sillonne régulièrement le territoire pour relever les infractions. Ses observations sont ensuite vérifiées par l’association, qui alerte les mairies lorsqu’un panneau contrevient au code de l’environnement.

Une procédure bien rodée

Une fois un manquement constaté, les communes disposent de cinq jours pour établir un procès-verbal. Elles doivent ensuite mettre en demeure l’annonceur ou l’afficheur de retirer le panneau illégal.
Si aucune action n’est engagée, l’association peut déposer un recours gracieux, puis saisir le tribunal administratif. Paysages de France suit actuellement près de 200 dossiers au niveau national.

Dans le Pays de Retz, certaines affaires sont déjà entre les mains de la justice. À Villeneuve-en-Retz, le maire Yves Blanchard indique avoir préféré laisser les juges trancher :
« Nous ne trouvons pas qu’il y ait beaucoup de panneaux. Et nous n’avons pas tous les éléments. Nous attendons la décision du tribunal. »

Des élus parfois partagés

Si plusieurs maires reconnaissent la légitimité de la démarche, ils soulignent aussi les difficultés rencontrées lorsqu’il s’agit de sanctionner des commerçants locaux — d’autant plus en période électorale.
« C’est aussi l’économie locale qui est en jeu. C’est déjà compliqué pour les commerces, il faut trouver un équilibre »,explique Yves Blanchard.

À l’inverse, d’autres communes ont engagé des actions structurantes. À Saint-Hilaire-de-Chaléons, la maire Aurélie Guitteny affirme avoir revu la signalétique communale et appliqué les règles sans exception :
« Une des entreprises pour lesquelles un panneau a été retiré était celle de mon mari. Pas de favoritisme. »

Le préfet peut intervenir en cas d’inaction

Paysages de France rappelle enfin qu’en cas de carence municipale, le préfet peut se substituer aux communes pour engager des procédures coercitives. L’association appelle donc les collectivités à appliquer strictement le code de l’environnement pour préserver la qualité des paysages du Pays de Retz.

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