Mécènes à Saint-Nazaire : un fonds de dotation pour donner de l’élan à la ville

Il s’appelle Philippe Kasse. Et il préside, depuis quelques mois, une structure encore méconnue du grand public nazairien : le fonds de dotation Mécènes à Saint-Nazaire. Une initiative née à l’initiative de la Ville, portée par onze grandes entreprises du bassin, et qui entend soutenir concrètement des projets d’intérêt général. Philippe Kasse était l’invité de Kernews.

Une idée venue de la Ville, une réalité depuis janvier 2026

« L’initiative a été lancée il y a environ trois ans », explique Philippe Kasse. « Elle a mis un peu de temps à voir le jour à cause de quelques problèmes administratifs. » Mais depuis janvier 2026, le fonds est opérationnel. Et ses premières décisions sont prises : cinq projets ont été retenus pour cette année inaugurale, couvrant des domaines volontairement variés : culturel, sportif, environnemental, patrimonial et événementiel.

Au programme : la restauration de la sculpture Les Javelots, de l’architecte Peter Logan, gravement endommagée lors d’une tempête en 2009 et qui devrait réintégrer la Pointe de Villès-Martin en juillet prochain. Une exposition photographique consacrée au paquebot Normandie, avec des clichés inédits issus des fonds de l’Écomusée et du fonds Roger Schall. Le développement d’initiatives sportives portées par le Saint-Nazaire Volley-Ball Atlantique, à destination des jeunes, y compris en situation de handicap. La célébration du cinquième anniversaire de Saint-Nazaire Côté Nature, avec notamment une mallette pédagogique distribuée dans les classes participantes. Et, en clôture du quatrième festival Jazzimut, un grand bal public gratuit animé par le Bal du Siècle, ensemble dirigé par le saxophoniste François Corneloup.

Compléter, pas remplacer

La question méritait d’être posée : en quoi un fonds de dotation diffère-t-il d’une subvention classique de la collectivité ? Philippe Kasse est clair sur ce point. « Ce que le fonds de dotation apporte, c’est la capacité pour des entreprises mécènes de compléter l’action publique — et non de s’y substituer. » Les onze entreprises fondatrices – parmi lesquelles Chantiers de l’Atlantique, Charier, Crédit Agricole, Eiffage Construction ou encore Kaufman & Broad – siègent au conseil d’administration représentées par leurs dirigeants, en toute indépendance par rapport à la Ville. « Certains projets sont effectivement poussés par la Ville, mais on garde une vraie indépendance dans nos décisions. »

Le fonctionnement interne ? Un comité de projets assure une première sélection, avant que le conseil d’administration ne tranche. Et les débats, selon Philippe Kasse, sont bien réels. « Lors de la première réunion officielle, les chefs d’entreprise étaient très impliqués, très motivés. Ils cherchaient vraiment à mesurer l’impact bénéfique pour la population et pour Saint-Nazaire. »

275 000 euros par an, sans saupoudrage

Le budget annuel du fonds est de 275 000 euros : chacune des onze entreprises mécènes contribuant à hauteur de 25 000 euros. Un montant qui n’a rien d’anecdotique, et dont la gestion obéit à un principe fort : « éviter le saupoudrage ». Pas question de distribuer de petites sommes à une multitude de porteurs de projets. Les soutiens accordés s’échelonnent entre 10 000 et 80 000 euros, pour des actions « vraiment significatives et visibles ».

Saint-Nazaire, bon élève qui s’ignore

Au-delà du soutien financier, Mécènes à Saint-Nazaire poursuit un objectif plus large : renforcer l’attractivité et le rayonnement de la ville. « Saint-Nazaire a quelquefois un déficit d’image », reconnaît Philippe Kasse — avant de préciser aussitôt ce que cela signifie vraiment. « Ce n’est pas du tout négatif. Saint-Nazaire est un bon élève, mais on ne le sait pas partout en France. Ceux qui connaissent la réalité nazairienne savent qu’il fait plutôt bon y vivre. » Tout ce qui contribue à faire connaître cette réalité au-delà du territoire est, à ses yeux, précieux.

Bientôt ouvert à d’autres mécènes

Le fonds, pour l’heure constitué de membres fondateurs, a vocation à s’élargir. « Il n’y a pas une infinité de grandes entreprises qui peuvent apporter 25 000 euros », concède Philippe Kasse avec pragmatisme. « À l’avenir, on s’ouvrira probablement à d’autres mécènes, en acceptant des montants inférieurs. » Une souplesse qui permettrait d’intégrer des entreprises de taille moyenne souhaitant s’engager dans la dynamique collective.

Pour les porteurs de projets qui souhaitent candidater, rendez-vous à l’automne : le site internet du fonds sera opérationnel à la rentrée 2026, et l’appel à projets pour 2027 sera ouvert du 1er octobre au 1er novembre. Contact : mecenessaintnazaire@gmail.com.

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