Saint-Nazaire : nouvelle pression policière sur les points de deal de la Bouletterie, Prézégat et Petit-Caporal

À Saint-Nazaire, les opérations de police se poursuivent dans les quartiers où les trafics de stupéfiants empoisonnent depuis plusieurs mois la vie quotidienne des habitants. Lundi 11 mai, dans l’après-midi, une opération ciblée coordonnée a été menée à la Bouletterie, à Prézégat et au Petit-Caporal, sur réquisitions de l’autorité judiciaire.

Le dispositif était conséquent : 31 policiers au total, avec le renfort de la CRS 82, des effectifs locaux et d’un équipage cynophile spécialisé dans la recherche de stupéfiants. Ce type d’opération vise moins le coup spectaculaire que le travail de pression régulière : occuper le terrain, contrôler, gêner les réseaux et rappeler que les halls d’immeubles, les cages d’escalier et les abords des résidences ne peuvent pas devenir des zones de non-droit.

Le bilan communiqué par la police est modeste en volume, mais significatif dans sa nature. À Prézégat, un guetteur a été verbalisé par procès-verbal électronique pour tapage. Au Petit-Caporal, un Nazairien de 22 ans a été interpellé pour violation d’une interdiction judiciaire de paraître dans le quartier. Placé en garde à vue, il a vu celle-ci prolongée.

Toujours au Petit-Caporal, le chien stupéfiants a permis de découvrir, dans les parties communes d’un immeuble, 21 grammes de résine de cannabis ainsi qu’une balance de précision. L’ensemble a été saisi. À la Bouletterie, les recherches ont également abouti à la découverte de produits dissimulés dans les communs d’immeubles ou à proximité immédiate : 17 sachets d’herbe de cannabis, 6 doses de cocaïne et un sachet de résine de cannabis.

Au total, 24 personnes et 4 véhicules ont été contrôlés au cours de cette opération.

Cette intervention s’inscrit dans un contexte local tendu. Depuis 2024, plusieurs quartiers nazairiens ont été cités dans des affaires liées au trafic de stupéfiants, avec des épisodes de violences particulièrement préoccupants. Dans une question écrite au gouvernement déposée en décembre 2024, le député Matthias Tavel évoquait déjà la situation à Prézégat, après plusieurs tirs signalés dans le quartier à l’automne 2024 et un blessé par balle déposé aux urgences de Saint-Nazaire le 8 octobre 2024.

Les opérations de sécurisation se sont d’ailleurs multipliées ces derniers mois à Saint-Nazaire, notamment à Méan-Penhoët, Prézégat, la Bouletterie et au Petit-Caporal. En décembre 2024, la police indiquait déjà vouloir maintenir la pression sur les trafics, dans une stratégie de présence répétée sur le terrain.

Pour les habitants, l’enjeu dépasse évidemment la quantité de drogue saisie. Ce qui pèse, au quotidien, ce sont les allées et venues, les nuisances, les intimidations parfois, et le sentiment que certains espaces communs échappent à leur usage normal. Les halls d’immeubles ne sont pas faits pour servir de dépôts, les parkings ne sont pas des arrière-boutiques, et les habitants n’ont pas à subir le bruit ou la pression des guetteurs.

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