Sainte-Anne sur la plage : « Cette messe rassemble bien au-delà des paroissiens »

Rendez-vous ce dimanche 26 juillet, à 10h30, sur la plage Benoît, à hauteur du yacht club, entre La Baule et Le Pouliguen, pour la messe de la Sainte-Anne en plein air. Une tradition désormais bien installée, à laquelle le père Benoît Laronze donne, chaque année, un relief un peu plus grand. Invité de Kernews, il détaille l’organisation de cette cinquième édition et ce qu’elle dit, au fond, de la place que la messe sur la plage occupe dans la vie de la paroisse.

Une audience qui grossit d’année en année

« C’est la cinquième année maintenant que nous organisons cette messe sur la plage, au niveau du yacht club, en l’honneur de Sainte-Anne », rappelle le père Benoît Laronze. Chaque édition rassemble davantage de monde, et celle-ci aura une saveur particulière : la paroisse du Pouliguen s’y associe pour la première fois. Ses fidèles partiront en procession de l’église Saint-Nicolas, au Pouliguen, pour rejoindre le yacht club avant le début de la célébration. « On est très heureux de les accueillir », confie le père Laronze.

Marins, chrétiens d’Orient, victimes de guerre : une prière qui s’est élargie

Interrogé sur l’évolution du discours de cette messe au fil des années : de la prière pour les marins et pour ceux qui sont péris en mer, jusqu’aux intentions pour les chrétiens d’Orient et les victimes des guerres en Ukraine, en Russie ou ailleurs dans le monde, le père Laronze y voit une continuité logique avec le message chrétien : « Ce sont des intentions tout à fait essentielles. On ne peut pas passer à côté quand on prêche la fraternité, quand on entend le message de Jésus qui nous invite à nous aimer les uns les autres. Si nous ne portions pas ces intentions dans notre prière, nous ne répondrions pas vraiment à la vocation qui est la nôtre. »

Une organisation rodée, sans inscription ni chaises

Côté pratique, rien de compliqué : aucune inscription n’est nécessaire. Les paroissiens les plus matinaux – souvent dès huit heures – installent le site sur la plage, avec les précautions d’usage. Les fidèles peuvent ensuite arriver progressivement, entre 9h45 et 10h15, le temps de s’installer avant que la messe ne commence à 10h30. Seule consigne : venir avec son plaid, puisqu’aucune chaise n’est prévue.

Bien au-delà des paroissiens habituels

C’est peut-être la dimension la plus singulière de ce rendez-vous : contrairement à une messe célébrée en église, où l’assemblée est essentiellement composée de fidèles connus de la paroisse, la messe sur la plage attire un public bien plus large. « Elle rassemble les paroissiens ordinaires, elle rassemble les estivants, elle rassemble les gens de passage qui en ont entendu parler », énumère le père Laronze. Parmi eux, des promeneurs et des joggeurs qui s’arrêtent, d’abord surpris, puis se laissent prendre par le moment. « Elle rassemble aussi des gens qui ne sont pas chrétiens et qui trouvent ce moment très beau, et qui du coup viennent nous rejoindre. Ils sont évidemment les bienvenus. »

Le cadre y est pour beaucoup, reconnaît le prêtre : « On a la chance d’avoir cette baie absolument extraordinaire, qui prête à la prière et au recueillement, en fonction de chacun. » Toute une équipe de paroissiens se rend disponible pour accueillir les curieux et leur expliquer le sens du rassemblement et l’occasion, aussi, de rappeler qui est Sainte-Anne, mère de Marie et grand-mère de Jésus, sainte patronne des Bretons et figure qui tient une place particulière dans la vie de la paroisse.

Un contexte marqué par la visite du pape et le débat sur la fin de vie

C’est le père Christophe de Cacqueray, curé de la paroisse, qui présidera la célébration. Le père Laronze ne présume pas du contenu de son homélie, mais s’attend à ce qu’elle résonne, comme chaque année, avec l’actualité de la société et de la vie de l’Église : impossible, note-t-il, de faire l’impasse sur la visite prochaine du pape Léon XIV en France. Quant à un éventuel commentaire sur la récente loi sur la fin de vie, le père Laronze reste prudent : le sujet ne sera vraisemblablement pas abordé directement dimanche, l’Église s’interdisant de faire de la politique. Il ne cache toutefois pas la préoccupation que suscite ce texte, notamment pour les communautés religieuses qui accueillent des personnes âgées en fin de vie et dont la vocation d’accueil pourrait s’en trouver questionnée. « Nous espérons que nos politiques feront les bons choix pour permettre que cette liberté si chère à la France puisse continuer à se vivre, quelles que soient les opinions des uns et des autres. »

Messe de la Sainte-Anne, dimanche 26 juillet à 10h30, plage Benoît, à hauteur du yacht club, entre La Baule et Le Pouliguen. Ouverte à tous, sans inscription.

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