Alizée Lauvray-Robert : « Placer la France au cœur du marché de l’art mondial. »

L’Hôtel des ventes de La Baule positionne La Baule dans la cour des grands

Maître Alizée Lauvray-Robert, commissaire-priseur à l’Hôtel des ventes de La Baule, en haut de l’avenue Lajarrige, a réalisé une vente aux enchères exceptionnelle le 24 janvier dernier avec notamment un tableau de Bernard Buffet vendu 181 000 € et de nombreuses pièces adjugées bien au-delà de leur estimation. Signe que la maison de ventes est capable d’attirer la confiance de grandes familles de la région, mais également des résidents secondaires, et qu’elle est aussi susceptible de mobiliser des acheteurs dans le monde entier.

Kernews : La vente que vous avez dirigée samedi 24 janvier dernier a été importante pour l’image de la ville de La Baule puisque les pièces étaient exceptionnelles, notamment des tableaux de Bernard Buffet. Dressez-nous le bilan de cette vente ?

Alizée Lauvray-Robert : Effectivement, nous dispersions une très belle collection particulière, avec notamment quatre tableaux de l’artiste français Bernard Buffet. Les résultats ont dépassé nos espérances. Nous avions tout d’abord deux très grands formats, un qui représentait le port de Sainte-Marine en Bretagne et l’autre une régate, où trois voiliers étaient en lice pour gagner la célèbre course de Cowes. Les Régates ont été achetées 181 000 € et Sainte-Marine 177 000 €. Nous avions énormément de demandes avant la vente. Les intéressés nous interrogeaient sur l’état des tableaux, leur histoire et leur provenance. Au moment de la vente, nous avions, en plus des enchérisseurs en salle et sur Internet, 20 personnes au téléphone qui se battaient pour acheter ces tableaux. Des Français évidemment, mais aussi des collectionneurs du monde entier, y compris des États-Unis et du Canada.

Pourquoi le téléphone alors que vous étiez en simultané sur Internet ?

Toutes nos ventes sont filmées et retransmises en direct sur deux plates-formes : Interenchères et Drouot Live. Ces plateformes ont été une véritable révolution pour les commissaires-priseurs, notamment en province. D’une part, elles permettent d’avertir les collectionneurs du monde entier, par un système d’alertes, quand un artiste qu’ils affectionnent passe aux enchères en France. D’autre part, elles permettent à ces collectionneurs de suivre la vente en direct et d’enchérir. Les personnes qui ont choisi d’être appelées pour les Bernard Buffet ont préféré ce canal pour éviter les frais de 1,5% en sus du prix d’adjudication que prennent les plateformes. Par ailleurs, il peut toujours y avoir un problème informatique donc, pour être certains de pouvoir enchérir sur l’œuvre, certains préfèrent être appelés au moment de la vente.

Vous vendiez une collection particulière. Est-il exact que les collections dynamisent l’ensemble de la vente ?

Oui, on appelle cela l’effet de collection. Dans une vente classique, vous avez plusieurs vendeurs, cette fois-ci, c’était la collection d’un couple de la région nantaise qui a acquis, des années 70 aux années 2000, un ensemble d’une grande qualité. Quand un collectionneur vend l’ensemble de sa collection, les prix obtenus sont toujours plus importants du fait de la cohérence de l’ensemble. Il y a un fil directeur dans les achats, un goût, qui attirent particulièrement les amateurs.

En quoi cette vente du 24 janvier était-elle particulièrement exceptionnelle pour l’Hôtel des ventes de La Baule ?

C’est la première fois que nous dispersons un ensemble d’une aussi grande qualité : 266 lots en tout avec des artistes français majeurs de la figuration d’après-guerre et de grands maîtres verriers. Chaque objet avait été choisi avec soin par Madame, avec un réel intérêt pour le beau et des connaissances certaines. Même la pince à glaçons de cet intérieur était intéressante, il s’agissait d’une réalisation de Jacques Adnet, moderniste et pure.

Cette vente, est-ce aussi une vitrine de votre savoir-faire ?

Nous mettons toujours tout en œuvre pour valoriser les objets qui nous sont confiés. J’espère que d’autres collections vont nous être proposées grâce à cette vente où nous avons démontré notre expertise et notre savoir-faire. Nous sommes heureux, avec mon associé Maître Sanson, de mettre en avant des objets qui ont fait la joie de leur propriétaire, et de les transmettre à d’autres qui les apprécieront tout autant. C’est l’intérêt de notre métier. Nous sommes des passeurs d’objets. Ces très beaux résultats de vente nous permettent aussi de continuer à maintenir la France au cœur du marché de l’art mondial.

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