À La Baule-Escoublac, la tête de liste de gauche Anne Boyé remet en route la dynamique de « La Baule-Escoublac Autrement ». Invitée de Kernews, l’ancienne enseignante se revendique d’une « gauche humaniste », rassemblant des sensibilités diverses – Parti socialiste, Place publique, Les Écologistes, Parti communiste – mais surtout, souligne-t-elle, « une grande majorité » de personnes non encartées, réunies autour de valeurs communes : solidarité, justice sociale, attention aux plus fragiles et refus d’une ville à deux vitesses.
Au cœur de son diagnostic, Anne Boyé pointe un malaise d’image, qu’elle juge révélateur d’un problème plus profond : « le visage que La Baule renvoie à l’extérieur ». Elle dit entendre régulièrement, dans le tissu associatif et parmi les habitants à l’année, une forme de gêne : « On n’ose pas dire qu’on habite à La Baule, on dit Escoublac ou Le Guézy, mais on ne dit pas La Baule. » Pour elle, c’est le symptôme d’une ville perçue comme réservée à une minorité « qui a de gros moyens », alors que, insiste-t-elle, la commune vit aussi – et surtout – grâce à ceux qui la font tourner au quotidien : « Les petits métiers », les actifs, les familles qui résident sur place et font fonctionner les services, les commerces, les associations, et même l’économie touristique.
Sans opposer habitants et visiteurs, la candidate prend soin de rappeler l’équilibre qu’elle entend défendre : « On ne chasse personne à La Baule », dit-elle, en reconnaissant le rôle de la fréquentation touristique, des grands hôtels et de l’activité saisonnière. Mais elle refuse que l’identité de la ville se résume à cette seule vitrine : « On veut mettre l’accent sur tous les autres qui vivent toute l’année. » Une ligne politique qui vise, selon elle, à redonner une place centrale à la vie à l’année, au pouvoir d’achat local, à l’accès au logement, et à des services publics de proximité.
Sur la manière de gouverner, Anne Boyé place la participation au premier plan. Elle plaide pour des réunions de quartier « le plus souvent possible » afin d’expliquer les projets, d’écouter les attentes, et d’installer une culture de transparence. Elle évoque aussi l’idée de “référendums participatifs” sur les grandes décisions, avec un objectif : « informer, expliquer et faire en sorte que ce soit acceptable par tout le monde ». La candidate présente cette méthode comme un antidote au sentiment de distance entre élus et habitants, et comme un levier pour construire des choix plus partagés.
Dans les premières orientations communiquées, la liste avance un axe “ville belle et sûre” et affiche la volonté de “redéfinir le rôle et les missions de la police municipale”. L’enjeu, selon l’équipe, est de travailler à la fois sur la tranquillité publique et sur la qualité de vie, dans une commune où coexistent, sur un même territoire, une forte attractivité touristique et des besoins permanents de services et de sécurité du quotidien.
Parmi les priorités qu’elle dit “entendre dans la rue”, la question du logement occupe une place centrale. Anne Boyé met l’accent sur le logement intermédiaire, présenté comme un angle mort dans une ville où “on manque de foncier” et où “de plus en plus de règles limitent la construction”. Dans l’entretien, elle défend l’idée d’une ville qui se reconstruit sur elle-même : repérer des biens dégradés, envisager des opérations de requalification et, le cas échéant, recourir à la préemption sur certaines villas en mauvais état lorsque les propriétaires n’ont plus de projet.
Elle évoque aussi des formes d’habitat permettant la mixité générationnelle : des petits immeubles où différentes générations pourraient cohabiter, avec des espaces partagés (salles de réunion, lieux communs) pour créer du lien et réduire l’isolement. Sur le parc existant, « La Baule-Escoublac Autrement » affirme vouloir encourager le locatif à l’année, le logement intermédiaire et social, tout en annonçant une régulation plus stricte de la location touristique de courte durée, jugée déstabilisante pour l’équilibre résidentiel.
Autre sujet mis en avant : la désertification médicale. Anne Boyé reconnaît que la commune n’a pas “la compétence de la médecine”, mais estime qu’elle peut néanmoins jouer un rôle d’entraînement : “favoriser l’implantation”, créer des conditions attractives, proposer des solutions immobilières et d’organisation qui correspondent aux attentes des médecins d’aujourd’hui. Elle insiste sur l’évolution du métier : les jeunes praticiens ne veulent plus “des semaines de 72 heures” et recherchent davantage le travail en équipe. D’où l’idée d’une maison médicale associant prévention et soins, et facilitant l’exercice collectif.
Le podcast de l’entretien avec Anne Boyé
Trois réunions publiques annoncées (19 h)
Pour présenter son projet et échanger avec les habitants, « La Baule-Escoublac Autrement » annonce trois réunions publiques, toutes prévues à 19 h :
– Jeudi 6 février : maison de quartier du Guézy
– Dimanche 9 février : maison des associations d’Escoublac
– Mardi 3 mars : salle des Floralies
Contact : labauleautrement@gmail.com
