Le musée Bernard Boesch accueille jusqu’au 4 janvier 2026 l’exposition de Benoît Desclos le Peley, artiste installé à Guérande, maître de la peinture inversée, une technique rare et fascinante qu’il revisite avec éclat et modernité. L’artiste souligne que « la peinture inversée est une technique très ancienne. Elle consiste à peindre au dos du verre. À l’inverse d’une peinture classique, je commence par le détail de premier plan, le chien, puis le personnage, puis la maison, et je termine par le ciel. » Une méthode à rebours : « On n’a pas droit à l’erreur. Chaque couche recouvre la précédente, il faut donc être totalement concentré. »
Cette inversion du geste donne à ses œuvres une profondeur singulière, où la lumière devient actrice : « Comme mon support est le verre, je peux utiliser des poudres et des feuilles d’or, d’argent ou de platine, pour créer des effets métalliques impossibles à obtenir sur une toile classique. » L’artiste mêle en effet des fonds à la feuille d’or, qui subliment la matière et le sujet : « L’or accroche la lumière de façon spectaculaire, c’est en même temps décoratif et vivant. » Les plaques de verre, fabriquées sur mesure par un artisan, sont légèrement ondulées : « Elles accrochent la lumière. C’est ce mouvement qui donne vie à ma peinture. »
Au musée Bernard Boesch, l’exposition présente une sélection d’œuvres naturalistes : animaux, végétation et fragments de nature. L’artiste ajoute : « La nature m’inspire profondément. Elle oblige à prendre le temps de regarder. Certaines de mes œuvres montrent des pâquerettes, mais si l’on s’approche, on découvre des insectes cachés dans les herbes. J’aime qu’un détail en révèle un autre. »
Une recherche de lumière qui se poursuit sans relâche : « Je travaille la peinture inversée depuis dix ans, et chaque jour je trouve de nouvelles applications. C’est une quête sans fin. » S’il continue à collaborer avec de grands décorateurs et des hôtels à travers le monde, Benoît Desclos le Peley garde un ancrage local fort. Son atelier guérandais est ouvert sur rendez-vous, pour préserver la concentration nécessaire à cette technique aussi minutieuse que fragile. Cependant, « recevoir du public, c’est délicat : le verre reste un support dur, mais cassant. Et comme il n’y a pas de retour possible sur la peinture, il faut une attention totale. »
« L’art de la peinture inversée » exposition de Benoît Desclos le Peley au musée Bernard Boesch, 35 rue François Bougouin au Pouliguen. Jusqu’au 4 janvier 2026.







