Du 5 au 7 juin 2026, la plage de La Baule accueille la 11e édition du Championnat de France de longe-côte. Plus de 500 compétiteurs qualifiés s’affronteront sur la baie bauloise dans cette discipline qui, en vingt ans d’existence, a transformé son image de sport confidentiel en véritable phénomène sportif national.
De Dunkerque à La Baule : une discipline qui a grandi
Romain Leray, dirigeant du Longe-Côte Club de France et organisateur de l’événement, se souvient avec le sourire des débuts de la discipline. Inventé il y a une vingtaine d’années à Dunkerque, le longe-côte est longtemps resté une activité marginale avant de se structurer progressivement — d’abord via les sentiers bleus, puis sous l’égide de la Fédération française de la randonnée pédestre, il y a une dizaine d’années. Depuis, son essor est continu.
L’image a surtout évolué. « On est passé d’un sport perçu comme une activité de retraités — et de femmes retraitées en particulier — à un sport aujourd’hui reconnu, qui peut être pratiqué en loisir accessible à tous, ou dans une optique de performance avec des intensités très intéressantes pour les sportifs », explique Romain Leray. Lui-même en convient : ceux qui ont ricané au départ ont souvent changé d’avis dès leur première séance. La résistance de l’eau ne pardonne pas l’arrogance.
Un encadrement professionnel, pas un luxe
Le Longe-Côte Club de France à La Baule est installé face au 71, boulevard de l’Océan à La Baule — là même où se déroulera le championnat. On pourrait croire que la discipline, simple en apparence, se pratique sans encadrement. Romain Leray dissipe rapidement cette idée. « La mer, c’est un milieu qui peut être hostile, un peu comme la montagne. Il faut connaître les lieux, savoir réagir face à une situation difficile. » Ses moniteurs sont également sauveteurs aquatiques.
Au-delà de la sécurité, c’est la structure d’entraînement qui fait la différence — que la séance soit « zen », loisir ou orientée compétition. Et puis il y a le groupe, le rendez-vous hebdomadaire, l’émulation collective. « J’ai des pratiquants qui viennent depuis quinze ans toutes les semaines. Je ne suis pas sûr qu’ils auraient tenu seuls aussi longtemps. »
Le club propose des séances trois fois par semaine à La Baule, et trois autres à Saint-Michel-Chef-Chef. Toute l’année, y compris en hiver quand la température de l’eau descend à 8°C. « Le corps s’adapte progressivement. Et on s’équipe en conséquence : combinaison intégrale, chaussons, gants, cagoule si besoin. On n’a jamais froid. » La coupure de deux ou trois semaines en plein hiver, en revanche, se paie : la réadaptation au froid est réelle.
Des bienfaits qui dépassent le sport
Sur le plan de la santé, le longe-côte coche de nombreuses cases : entretien cardio-vasculaire, renforcement musculaire des cuisses, du dos, des abdominaux. Romain Leray travaille également avec des publics spécifiques — il cite notamment des groupes de greffés cardiaques en phase de remise en forme. La discipline s’adapte, de la séance douce au programme d’entraînement intensif.
700 personnes attendues ce week-end
Le programme de cette 11e édition est chargé. Vendredi après-midi, quelque 200 collégiens de Loire-Atlantique découvriront le trail longe-côte lors d’une initiation dédiée. Samedi et dimanche, 525 compétiteurs — déjà qualifiés lors des championnats régionaux et de zone — s’affronteront sur six parcours chronométrés : 50 m avec pagaie, 200 m et 800 m à mains nues, 400 m en binôme, relais mixte 4×50 m, et trail longe-côte. Des épreuves handisport (50 m et 200 m avec guides) sont également prévues pour les sportifs déficients visuels.
Le grand rendez-vous du dimanche matin : dès 10h30, le trail longe-côte — alternance de course à pied et d’immersion — promet d’être le moment le plus spectaculaire du week-end. Une épreuve récente, absente lors de la précédente édition bauloise en 2023, qui réunit désormais l’élite nationale. « Les Antilles viennent participer depuis quelques années », précise Romain Leray. La discipline a franchi les frontières de l’Hexagone.
Le public est le bienvenu sur la plage de La Baule, face au 71, boulevard de l’Océan, pour assister aux épreuves et découvrir la discipline au village des partenaires. Entrée libre.
