Denis Chéreau : « Saint-Nazaire a besoin de respiration démocratique »

Candidat de la liste d’union du Centre et de la Droite aux élections municipales de Saint-Nazaire, Denis Chéreau était l’invité de Kernews. Sécurité, logement, commerce de centre-ville : il a détaillé ses priorités et affiché sa volonté de rompre avec cent ans de gestion socialiste de la ville.

La retranscription de cet entretien avec Denis Chéreau a été retravaillée par la rédaction à des fins de lisibilité. Seuls les propos tenus dans l’enregistrement audio font foi.

Kernews : Qui êtes-vous et qui représentez-vous ?

Denis Chéreau : On est une liste de citoyens engagés, pas des politiciens installés. Ce qui se passe à Paris ne nous concerne pas vraiment. Nous avons constitué une liste d’union avec des soutiens politiques qui ont vu la dynamique que nous représentons : des sociaux-démocrates, des progressistes, Renaissance, les Républicains, le Modem, Horizons, l’UDI et même le Parti Breton. Ces soutiens sont importants pour donner un message clair sur notre positionnement. Saint-Nazaire, c’est la même orientation socialiste depuis cent ans. David Samzun est de gauche, il a été adjoint sous Joël Batteux, il a fait deux mandats de maire. Nous constatons qu’il faut de la respiration démocratique. Ma conviction, c’est que la démocratie vit par l’alternance — et la seule alternance crédible aujourd’hui, c’est notre liste.

Quelles seraient vos premières mesures et votre programme ?

Trois blocs prioritaires : la sécurité, la santé et le logement. Et trois chantiers immédiats : un plan d’urgence pour soutenir et revitaliser les commerces, une politique de transparence des financements publics, et une grande concertation citoyenne sur les grands équipements culturels, les projets d’urbanisme et les bâtiments emblématiques. Je pense notamment à la Soucoupe livrée en 1970, et le maire découvre en décembre qu’il y a eu des malfaçons. C’est un emblème de la ville, les habitants doivent être consultés sur son avenir.

Que peut concrètement faire une mairie pour soutenir les commerces ?

Elle ne peut pas changer les habitudes de ceux qui achètent en ligne, c’est vrai. Mais elle a l’obligation de revitaliser son centre-ville. Aujourd’hui, les centres-villes souffrent de locaux vacants, d’insécurité, de problèmes d’accès et de stationnement. Quand des espaces sont vides, c’est souvent un problème de loyers : il faut coordonner avec les bailleurs. La mairie doit faciliter l’accès au centre-ville et inciter au développement de nouvelles activités. Je crois que les centres-villes de demain seront des centres-villes de services, des médecins salariés, des artisans, pour créer du flux et de l’attractivité. Mais avant tout, il faut d’abord accompagner ceux qui sont restés, qui ont tenu pendant les travaux avec une trésorerie difficile. Sans commerçants, la ville n’a plus de cœur. Et quand une ville n’a plus de cœur, elle meurt.

Sur le logement, vous proposez de construire plus haut et plus accessible ?

Oui, parce qu’on a besoin de densifier. On attend 6 700 nouveaux emplois d’ici cinq ans, liés aux commandes de nos fleurons industriels, le porte-avions, par exemple, qui est en pleine actualité. Il faut créer des logements pour accueillir ces nouveaux travailleurs. Plus haut, mais aussi plus accessible : je vois encore trop d’immeubles de quatre étages sans ascenseur. Il faut une densification maîtrisée et de qualité. Nous voulons aussi créer un conseil citoyen de l’urbanisme, parce que les projets de construction souffrent trop souvent de recours et de délais. Et nous déploierons fortement le bail réel solidaire, qui permet de réduire le coût d’accession à la propriété de 20 à 35 %. C’est essentiel pour les ménages qui ne peuvent plus acheter avec la hausse des prix.

Enfin, la sécurité : un sujet que vous portez depuis longtemps.

C’est la priorité absolue, non négociable. D’abord, une présence armée visible et dissuasive : nous avons aujourd’hui 23 agents de police municipale, c’est insuffisant pour 75 000 habitants. Je porterai ce chiffre à 50 au minimum. Nous densifierons aussi le réseau de vidéoprotection avec plus de 300 caméras et la création d’un centre de supervision urbain moderne, travaillant en lien direct avec la police nationale. Visible, dissuasif, efficace. Et bien sûr, on développera en parallèle une politique de prévention par l’éducation, le sport et la culture, en s’appuyant sur les associations. La sécurité, ce n’est pas une mesure de gauche ou de droite. C’est une condition indispensable du bien vivre ensemble. À Saint-Nazaire, cette politique n’existe pas. Il faut aller très vite.

Denis Chéreau tiendra plusieurs réunions publiques avant le premier tour : le vendredi 27 février à 19h à la salle Kerfaouët (8, rue des Pinsons), puis le lundi 2 mars à 19h à la salle de Méan-Penhoët (114, rue de Trignac). Entrée libre, sans inscription.

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