Festival du film politique de La Baule : « La politique, c’est un espace de combat, de triomphe et de trahison »

Du 1er au 4 octobre, le cinéma Gulf Stream accueille la 4e édition du Festival de la Fiction et du Documentaire Politique. Son président, le réalisateur Gabriel Le Bomin, revient au micro de Kernews sur l’ascension d’un rendez-vous devenu incontournable, tandis que le festival dévoile des jurys où se croisent cinéastes, comédiens, parlementaires, journalistes et lycéens.

Il y a quatre ans, le pari semblait audacieux : installer à La Baule un festival consacré au cinéma politique. La première édition était discrète. Aujourd’hui, l’événement initié par le producteur Jérôme Paoli et la journaliste Anne-Catherine Mendez s’est imposé comme l’une des rares manifestations thématiques de ce type en France. « Les Baulois et les Bauloises sont venus de plus en plus nombreux, à tel point qu’on a dû ouvrir de nouvelles salles », se félicite Gabriel Le Bomin. Cette année encore, les projections investiront la quasi-totalité des salles du Gulf Stream.

Un genre profondément romanesque

Pourquoi le cinéma s’intéresse-t-il autant à la politique, alors même qu’une partie du public s’en détourne ? Pour le président du festival, la réponse est évidente : « La politique, ce sont des hommes et des femmes qui vivent une passion. C’est un espace de combat, de triomphe, d’échec, de trahison, de succès. Bref, il y a tous les ingrédients pour réussir une bonne histoire. » Le succès de films comme The Apprentice, consacré à la jeunesse de Donald Trump, l’illustre : les spectateurs boudent parfois la politique, mais ils aiment les films politiques.

Le festival assume d’ailleurs deux approches complémentaires. « Le documentaire s’impose une rigueur quasi scientifique pour traiter son sujet. La fiction, elle, est une variation, une interprétation. » Et le champ reste large, car les films de société, les films d’histoire ou même d’espionnage portent souvent une dimension politique. « Nous sommes toujours surpris par les propositions qui nous parviennent, et chaque année l’offre se renouvelle », confie Gabriel Le Bomin.

D’un candidat de 20 ans au bouton nucléaire

La compétition réunit cinq fictions et cinq documentaires inédits, complétés par trois films hors compétition présentés en avant-première. Le festival s’ouvrira avec Mon fils président, un documentaire dans lequel un père suit son fils, âgé de 20 ans, dans sa quête des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle. « Au-delà de cette démarche personnelle, ce film nous fait pénétrer dans une France qu’on voit peu au cinéma : celle des petites mairies, des villages, des petites circonscriptions. »

En miroir, la clôture sera assurée par Jupiter, qui met en scène un président déjà élu, confronté à la décision ultime d’un chef de l’État : l’emploi de l’arme nucléaire.

Thierry Klifa à la tête du jury fiction

Fidèle à son ADN, le festival a composé des jurys aux profils volontairement contrastés, afin de confronter des regards parfois contradictoires.

Le jury fiction sera présidé par Thierry Klifa, réalisateur d’Une vie à t’attendre, du Héros de la famille, des Yeux de sa mère et plus récemment de La Femme la plus riche du monde, qui a valu à Laurent Lafitte le César du meilleur acteur. Il sera entouré de Daphné Bürki, journaliste à France Inter, de la sénatrice de Paris Agnès Evren, membre de la commission de la culture du Sénat, du comédien Alban Ivanov, remarqué dans Le Sens de la fête et Le Grand Bain, et de la productrice Isabelle Madelaine, dont la société Dharamsala a notamment produit Proxima et Revoir Paris d’Alice Winocour.

Le jury documentaire sera conduit par la réalisatrice, scénariste et comédienne Stéphanie Pillonca (Handigang, Invincible été), dont l’œuvre s’attache à changer le regard sur les différences. Elle siégera aux côtés du député du Calvados Jérémie Patrier-Leitus, vice-président de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale, et de Joana Preiss, artiste pluridisciplinaire vue chez Christophe Honoré et Olivier Assayas.

Le jury presse sera présidé par Bruce Toussaint, visage de la matinale de TF1. Il réunira Jean-François Achilli (Sud Radio), Christophe Carrière (Paris Match), Soazig Quemener (La Tribune Dimanche) et Soizick David (Saint-Nazaire News), qui apportera un regard ancré dans le territoire.

Enfin, le jury lycéen, composé d’élèves de La Baule, sera présidé par l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem. Une dimension à laquelle Gabriel Le Bomin tient particulièrement : « Dès le départ, je voulais un jury jeune. C’est passionnant de les entendre débattre et découvrir les films. »

Pas d’entre-soi

Au-delà des projections, le festival propose des rencontres avec les réalisateurs et producteurs, une master-class, des débats et des séances de dédicaces. Avec Anne-Catherine Mendez, Gabriel Le Bomin revendique un esprit résolument convivial : « Ce n’est pas du tout un entre-soi. Un festival sans public, ça ne marcherait pas. Ici, les spectateurs rencontrent les créateurs, les journalistes, les personnalités politiques, et tout le monde est au même niveau. » On y parle des films, bien sûr, mais aussi des idées et de l’actualité, « dans une ambiance très stimulante intellectuellement ».

Festival de la Fiction et du Documentaire Politique, du 1er au 4 octobre 2026, cinéma Le Gulf Stream, La Baule. Billetterie directement auprès du cinéma. Programme complet sur festivalfictiondocumentairepolitique.com.

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