Jean-Luc Sacquet a été commerçant sur les marchés de Saint-Nazaire, notamment à Penhoët et Pertuishaud. Il avait publié en 2006 « L’art de faire travailler le naturel au jardin », vendu à 19 000 exemplaires. Dans son dernier livre, intitulé « Demain… Tous dégénérés ?! », il s’insurge contre l’influence de la malbouffe sur notre santé, notre forme, et même notre moral, au point qu’il redoute que nous soyons demain des « dégénérés ».
Kernews : Pendant plusieurs décennies, vous avez fait les marchés de Penhoët et de Pertuischaud à Saint-Nazaire, et votre livre est aussi le fruit de vos observations. Pourquoi ce titre : « Tous dégénérés » ?
Jean-Luc Sacquet : Le sous-titre est plus important que le titre : « Comment en quelques générations nous avons mangé notre pain blanc. Il ne nous reste plus que le pain noir. » J’ai travaillé pendant 40 ans dans la consommation bio et j’ai rencontré beaucoup de monde. J’ai écouté les gens parler de leurs problèmes. J’ai connu des personnes qui sont mortes de maladies de dégénérescence. Et chez des gens que je connais bien, j’ai mal au cœur de voir les conséquences de la cigarette ou de l’alcool. Le problème, c’est l’assiette car, quand il n’y a pas ce qu’il faut, les gens se vengent sur l’alcool. Beaucoup de gens ont des problèmes de constipation parce qu’ils ne consomment pas assez de fibres, que ce soient des légumes verts ou de la fibre de céréales. Et tout vient de là. Vous ne pouvez pas comprendre les dommages collatéraux qui sont induits derrière.
Vous indiquez que vous avez constaté une augmentation très forte des maladies et des rhumes à répétition depuis quarante ans…
Tout cela, c’est la malbouffe ! Il y a quelque temps, j’avais un sacré rhume. Je suis allé dormir et le lendemain matin, il n’y avait plus rien, tout simplement parce que notre système immunitaire fonctionne très bien. Je ne le martyrise pas à longueur de journée. Beaucoup de gens se contentent de prendre un Doliprane, alors que je ne prends rien. Quand je prends des médicaments, ce sont toujours des médicaments naturels.
Vous dénoncez l’absence d’aliments nutritifs, car une grande partie de ce que l’on mange n’apporte rien à notre système immunitaire…
C’est du vent ! Il y a une quinzaine d’années, j’ai été choqué quand je devais livrer de la cuisine sous vide à un grand restaurant gastronomique à La Baule. Et l’on m’a dit que ce n’était que cela…
Ce qui a déclenché l’écriture de cet ouvrage, c’est aussi l’affaire de la vaccination en 2019…
Oui. En 2013, je m’étais mis au jardinage bio, je n’avais plus le temps et l’énergie. Mais pendant la crise de la Covid, je me suis mis à écrire pour dénoncer tout ce qui se passait. Pour moi, ce n’était qu’une grippe. Les gens ont été attaqués parce qu’ils n’ont plus de système immunitaire. Ils n’ont plus rien pour se défendre. Donc, ils tombent. J’habite à la campagne et le confinement n’était pas un problème pour moi. Mais pour les gens qui vivent dans un 40 mètres carrés en ville, c’était vraiment catastrophique. Malheureusement, ce n’est pas fini. J’ai l’impression que l’on nous prépare d’autres choses.
D’après votre analyse, cette dégradation s’observe aussi dans le comportement de beaucoup de personnes…
Regardez la violence qui nous entoure ! Tout cela est lié à l’excès de sucre dans le sang. Quand vous mangez un pain blanc, pour le foie, c’est du sucre. À la sortie, vous avez un taux de sucre faramineux dans le sang. Après, comme les gens mangent du vent, il leur faut des substituts. On commence avec le café. Puis tout ce qui est fortifiant. Ensuite, c’est le cannabis ou la cocaïne. Et plus rien ne tient. L’industrie pharmaceutique ne va pas dire cela, mais c’est la réalité. La violence est partout dans nos sociétés. Quand j’ai découvert la bio il y a quarante ans, je consommais quatre pierres de sucre avec mon chocolat au lait. J’ai lu un livre qui s’appelle « Le mal du sucre » et j’ai compris que c’était une drogue. Comme toutes les drogues, il faut y aller doucement, sinon le corps n’apprécie pas. Du coup, pendant un trimestre, j’ai consommé seulement trois pierres de sucre. Le trimestre suivant, seulement deux. Au bout d’un an, plus rien. Au bout de deux ans, j’ai mangé un yaourt nature et j’ai trouvé que c’était très bon. Il faut absolument éviter les produits sucrés.
D’ailleurs, les produits transformés contiennent tous du sucre…
Les gens ont une addiction au sucre. Quand vous prenez un dentifrice, il y a du sucre. On ne l’imagine même pas ! Il faut se défaire de cela tout doucement car c’est vraiment une drogue.
Vous évoquez aussi la surconsommation de viande en expliquant que cela ne sert à rien, surtout le soir…
Oui, parce que cela donne de l’énergie. Il faut manger pour ne pas avoir faim. Certaines personnes n’ont pas faim le matin, mais c’est parce qu’elles mangent beaucoup trop le soir, notamment de la viande. C’est un cercle vicieux.
Il y a également un chapitre sur les sodas, le fait de cuire au micro-ondes, de consommer des pilules miracles…
Il faut toujours éviter les excès. Tout cela a des conséquences, y compris sur la santé mentale des gens qui ne consomment plus suffisamment de magnésium. À force de cultiver des légumes et des céréales, on a enlevé le magnésium et si vous ne restituez pas à la terre du magnésium d’une manière ou d’une autre, les gens sont carencés en magnésium. On se retrouve donc à consommer des pilules du bonheur en parapharmacie.
Selon vous, notre civilisation s’oriente vers la décadence, la violence, la politique de la peur…
Oui, parce que pour vendre des médicaments, il faut faire peur. Les gens qui ont un bon système immunitaire ne doivent pas se faire de soucis.
Pourtant, il y a des gens qui ont une hygiène de vie parfaite et qui subissent des problèmes à 50 ou 60 ans, alors que d’autres mènent une vie de patachon et sont en forme à 80 ans…
Parce que nous ne sommes pas tous pareils. Je connaissais quelqu’un qui est mort à presque 90 ans et qui fumait comme un pompier… Nous sommes tous différents et tout dépend de notre système immunitaire. Vivre à 85 ans, c’est bien. Mais en mauvaise santé, cela ne sert pas à grand-chose. Tout cela coûte très cher à la Sécurité sociale. Face à cela, il faut réagir et manger sainement.
