La Baule face à la menace du nématode du pin : et si l’arbre emblématique de la station balnéaire venait à disparaître ?

La découverte, le 4 novembre dernier, d’un premier foyer de nématode du pin dans les Landes a déclenché un vent d’inquiétude dans toute la filière forestière française. Mais à La Baule, où les pins maritimes façonnent depuis plus d’un siècle le paysage urbain, l’identité architecturale et même l’âme de la station balnéaire, la nouvelle résonne avec une inquiétude particulière. Ici plus qu’ailleurs, l’idée qu’un parasite ravageur puisse un jour atteindre la Côte d’Amour relève presque du traumatisme collectif : sans ses pins, La Baule ne serait plus La Baule.

Car ces arbres, omniprésents dans les avenues, les jardins, les parcs et même sur le front de mer, ne sont pas qu’un décor végétal : ils portent l’histoire de la ville, ses villas Belle Époque, ses quartiers boisés, son atmosphère unique. Pour l’heure, le foyer identifié à Seignosse n’a laissé apparaître aucun signe d’extension vers le nord, mais les experts reconnaissent que la propagation du nématode – transporté par un insecte, le longicorne – est difficile à anticiper. Le scénario d’une contamination en Loire-Atlantique reste très improbable… mais pas impossible.

Dans une projection fictive, la propagation du parasite atteindrait le littoral atlantique en 2028. En deux ans, le longicorne infecterait progressivement les quartiers emblématiques : La Baule-les-Pins, le quartier du Casino, puis le parc des Dryades. Les premiers dépérissements feraient chuter des dizaines d’arbres, obligeant la ville à abattre préventivement des centaines de sujets malades. Les conséquences seraient multiples. Un paysage métamorphosé, avec des avenues subitement dégarnies. Une flambée des coûts publics, entre abattages, évacuations de bois contaminé, et replantations massives. Un impact sur le microclimat local, avec des étés plus chauds et des vents marins plus présents faute de couverture végétale. Dans cette projection, le prix de l’immobilier chuterait de 8 à 12 % dans les secteurs les plus boisés, directement touchés par la disparition du paysage historique. Bien sûr, ce scénario reste imaginaire. Mais il illustre une réalité : le pin n’est pas un arbre comme les autres à La Baule. C’est une part de son identité culturelle et paysagère. Et c’est pourquoi la découverte du nématode dans les Landes est suivie ici avec une vigilance accrue, presque émotionnelle. Pour l’instant, aucune alerte n’a été détectée en Loire-Atlantique.

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