Loire-Atlantique : la fréquentation touristique se stabilise, les sorties à la journée progressent

La Loire-Atlantique reste une destination très fréquentée, mais le bilan 2025 confirme une tendance de fond : le volume de nuitées demeure élevé, tout en marquant le pas, et les pratiques des visiteurs évoluent. Au total, le département comptabilise 31,2 millions de nuitées touristiques sur l’année, un niveau toujours important, porté d’abord par deux locomotives : la métropole nantaise et le littoral, qui concentrent à eux seuls près des trois quarts de la fréquentation.

La saison, elle, se recompose. Les « ailes » (printemps et arrière-saison) gagnent en importance, mais restent plus sensibles aux calendriers et à la météo. En 2025, avril a bénéficié des vacances de Pâques et s’est montré dynamique, tandis que mai recule par rapport à 2024, illustrant la volatilité de ces périodes clés pour l’activité.

Autre enseignement : la clientèle française, majoritaire, se tasse. Le contexte économique pèse sur les décisions de départ, avec des arbitrages budgétaires plus marqués. À l’inverse, la fréquentation étrangère se maintient globalement, avec des Britanniques et des Américains qui confirment leur présence — les visiteurs américains réintégrant même le top 5 des clientèles internationales accueillies. Des touristes souvent dotés d’un pouvoir d’achat plus élevé, et donc importants pour les retombées locales. Cette stabilité s’inscrit toutefois dans un marché plus concurrentiel, où des destinations comme l’Espagne renforcent leur attractivité. Raphaël Prost, chargé d’observation touristique à Loire-Atlantique développement, résume l’équation : le climat compte, mais « les arbitrages se font d’abord en fonction du budget et du rapport qualité-prix », les flux vers des destinations plus fraîches restant « encore marginaux ».

Signe le plus net de l’évolution des usages : la progression des excursions à la journée. La Loire-Atlantique enregistre 31,3 millions d’excursions en 2025, en hausse de 4 % sur un an. La fréquentation « à la journée » atteint désormais un niveau comparable à celle des séjours avec nuitées. Un mouvement qui s’explique notamment par un pouvoir d’achat contraint, mais aussi par le positionnement du département comme destination de proximité pour les loisirs des clientèles régionales. « La montée en puissance de l’excursionnisme est un signal fort », insiste Raphaël Prost, qui y voit un enjeu d’adaptation de l’offre touristique.

Dans le même temps, le marché des locations de courte durée via plateformes entre dans une phase de maturité. Après une forte poussée en 2023 (+20 % de logements disponibles), l’année 2025 ne progresse que de 4 % par rapport à 2024, pour atteindre 17 500 logements proposés. La perspective de nouvelles règles, la concurrence accrue et un taux d’occupation en baisse pèsent sur la rentabilité, et relancent le débat sur l’équilibre entre hébergement touristique, logement des habitants à l’année et attractivité du territoire.

Enfin, 2025 confirme la dynamique du tourisme à vélo. Les passages comptabilisés progressent de 8,8 %, dopés par des ailes de saison très favorables : vacances d’avril et ponts de mai ont profité d’une météo propice aux activités de plein air. Si les itinéraires majeurs (Loire à Vélo, Vélodyssée) restent structurants, de nouveaux points de passage gagnent du terrain le long de la Vélidéale, inaugurée en 2024, notamment à Cordemais et Gétigné. À Blain, l’ouverture d’une guinguette a aussi contribué à attirer davantage de cyclistes. Pour Élise Bouyer, chargée de projet vélo à Loire-Atlantique développement, après une année 2024 pénalisée par une météo maussade, « 2025 a remis les habitants et touristes en selle », grâce à une météo plus clémente et à la dynamique de nouveaux itinéraires.

Au final, la Loire-Atlantique conserve un socle de fréquentation solide, mais les signaux convergent : les séjours se rationalisent, les sorties à la journée gagnent du terrain, les locations de courte durée plafonnent, et le vélo s’impose comme un levier économique durable. Autant d’évolutions qui invitent les acteurs locaux à ajuster l’offre et le positionnement, dans un contexte de concurrence renforcée.

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