La manifestation antimilitariste du 8 mai à Saint-Nazaire continue de faire réagir. Dans un communiqué diffusé au lendemain du rassemblement, le groupe d’action guérandais de La France insoumise dénonce ce qu’il qualifie de « violences policières inadmissibles » lors de cette mobilisation organisée contre les guerres en cours et contre le projet de porte-avions nucléaire à Saint-Nazaire. Le rassemblement, organisé place de l’Amérique latine, s’inscrivait dans un contexte très encadré. La préfecture de Loire-Atlantique avait pris des mesures de sécurité particulières pour cette journée du 8 mai, date des commémorations de la victoire de 1945. Un arrêté encadrait notamment les rassemblements dans un périmètre du centre-ville et autorisait la captation d’images par les forces de l’ordre sur la commune.
Selon plusieurs récits militants, la manifestation a rassemblé un important cortège antimilitariste, avec des banderoles et des prises de parole contre la construction du futur porte-avions nucléaire. Le média militant Contre Attaque évoque environ 2 000 personnes et décrit une intervention policière lors du rassemblement, notamment autour d’une effigie d’Emmanuel Macron en papier mâché. Cette version rejoint en partie les accusations formulées par LFI, mais elle émane d’une source engagée, à lire comme telle. Dans son communiqué, LFI Guérande affirme que l’intervention des CRS ne s’est pas déroulée « en marge » mais bien au milieu de la foule, sur la place de l’Amérique latine. Le mouvement conteste la présentation d’une manifestation globalement calme et évoque plusieurs personnes touchées. Il affirme qu’un homme de 66 ans aurait été interpellé après une première charge, puis placé en garde à vue avant d’être libéré dans l’après-midi. Le communiqué indique également que son épouse aurait été projetée à terre et qu’une femme de 74 ans aurait été conduite aux urgences de Saint-Nazaire par les pompiers.
Au-delà de la polémique sur le maintien de l’ordre, cette manifestation confirme l’installation d’un front local antimilitariste autour du projet. À Saint-Nazaire, l’annonce de la construction du futur bâtiment militaire ne relève pas seulement d’un sujet national de défense : elle touche aussi à l’identité industrielle de la ville, à l’avenir des Chantiers de l’Atlantique, et à la place que le territoire entend prendre dans l’économie de guerre.
