Ils ne joueront ni sur un terrain, ni sur une pelouse, ni dans une salle bruyante. Leur championnat du monde se disputera au fond d’une piscine, en apnée, crosse à la main, les yeux rivés sur un palet. Trois jeunes du club de hockey subaquatique de La Bernerie-en-Retz vont vivre cet été une aventure rare : Léa Lucas, Marie Chataud et Martin Vendé ont été sélectionnés en équipe de France pour les championnats du monde jeunes organisés à Gebze, en Turquie.
Le rendez-vous international est prévu du 16 au 25 juillet 2026, selon les documents de la Fédération française d’études et de sports sous-marins. Pour les jeunes sportifs de La Bernerie, il s’agit d’un aboutissement. Leur club précise qu’ils ont été retenus après deux années de stages, de travail et de sacrifices. Une sélection nationale ne tombe jamais du ciel, encore moins dans une discipline aussi technique que le hockey subaquatique.
Ce sport, né loin des projecteurs, demande une combinaison peu commune de puissance, de souffle et d’intelligence collective. Les joueurs évoluent au fond du bassin, par séquences brèves, en alternant descentes, passes, remontées et récupérations. Tout se décide dans un monde silencieux, où la lucidité compte autant que la vitesse. On y retrouve l’esprit des sports collectifs, mais dans un environnement qui ne pardonne ni l’improvisation, ni l’individualisme.
Pour le Hockey Subaquatique Bernerie, cette sélection est historique. Léa Lucas, Marie Chataud et Martin Vendé sont les premiers internationaux du club. Leur départ en Turquie vient couronner une dynamique plus large : toutes les équipes jeunes du club se sont qualifiées cette année pour les championnats de France, une première depuis sa création. Les adultes ne sont pas en reste, avec une équipe féminine engagée au niveau national et une équipe masculine en progression.
À l’échelle d’une commune littorale comme La Bernerie-en-Retz, cette réussite a quelque chose de naturel et de singulier à la fois. Ici, la culture de l’eau fait partie du paysage. Mais le hockey subaquatique reste une discipline discrète, presque secrète, portée par des passionnés. Cet été, grâce à ces trois jeunes, elle sortira un peu de l’ombre.
En Turquie, les Bleuets auront face à eux les meilleures nations de leur catégorie. L’expérience sera forte, exigeante, probablement inoubliable. Et au bout du bassin, il y aura ce rêve que tous les sportifs connaissent : revenir avec une médaille autour du cou.
