Franck Louvrier sur Kernews : le maire de La Baule saisit le ministre de l’Intérieur

L’invité de Yannick Urrien du mercredi 27 mai : Franck Louvrier. Diffusion à 7h40 et 8h40.

Les images de bagarres filmées avenue de Gaulle pendant le week-end de Pentecôte ont mis le feu aux poudres. Le maire de La Baule a réagi sur Kernews, annonçant adresser un courrier officiel au ministre Laurent Nuñez. Sa demande : changer de doctrine. Ce n’est pas la première fois que le remblai baulois fait parler de lui un week-end de grande affluence. Mais les vidéos de violences circulées sur les réseaux sociaux pendant la Pentecôte ont cette fois franchi les frontières de la Loire-Atlantique, propulsant La Baule dans l’actualité nationale. Franck Louvrier ne mâche pas ses mots : « Ces comportements sont intolérables et inacceptables sur le territoire de la République. Ils mettent en insécurité les Baulois et les commerçants qui, eux, travaillent le dimanche et les jours fériés. »

Une doctrine dépassée

Le maire l’affirme sans détour : le vrai problème n’est pas médiatique, c’est structurel. Les renforts de police nationale sont encore calibrés sur une logique d’été – juillet-août – qui ne correspond plus à la réalité d’une ville dont la population passe de 18 000 à 180 000 habitants, non seulement en pleine saison, mais désormais lors de chaque coup de chaleur ou de chaque grand week-end prolongé. « Il faut dessaisonnaliser les renforts, martèle-t-il. Le week-end de la Pentecôte, les CRS d’été ne sont pas encore là. Dès le mardi 26 mai, Franck Louvrier a joint le geste à la parole en adressant un courrier officiel au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lui demandant d’étudier « la mise en place de renforts adaptés des forces de l’ordre lors des grands week-ends et des périodes de forte affluence, selon une logique mieux ajustée à l’évolution désormais annuelle de la fréquentation de la commune ».

Police municipale : les limites assumées

Le maire répond aussi aux critiques récurrentes sur sa police municipale : trop présente pour verbaliser le stationnement, trop absente quand ça dégénère. « La police municipale est une police de proximité. Ce qu’on a vécu ce week-end, c’est de la délinquance. Ce sont des voyous. Ça, c’est le champ de la police nationale. » Il tient néanmoins à défendre son bilan : 36 policiers municipaux en poste, 10 recrutements en cours, 293 caméras de vidéoprotection couvrant l’ensemble du territoire, et bientôt un nouvel hôtel de police municipale construit à proximité du commissariat national, dont les équipements seront mutualisés avec Pornichet. « Ces outils ont permis des arrestations ce week-end. Mais la présence humaine reste insuffisante. »

Qui vient à La Baule, et pourquoi ?

Sur la question des origines des fauteurs de troubles, le maire est direct : « Cette population repart le soir. Ce ne sont pas des Baulois. Ce sont des gens qui viennent de Saint-Nazaire et de Nantes. » Il balaie au passage la rumeur d’une gratuité des transports financée par la mairie ou le département : « Le billet TER est bien payant. On peut l’acheter en gare ou sur smartphone. Ni le département ni la région n’offrent quoi que ce soit. » L’accessibilité ferroviaire de La Baule – un avantage économique à l’année – se retourne ponctuellement contre elle. « C’est l’inconvénient de cette accessibilité facile », reconnaît-il, sans pour autant envisager d’y remédier autrement que par une présence policière renforcée.

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