C’est une politique publique qui demeure invisible tant que le robinet coule. Elle devient pourtant essentielle dès qu’une canalisation se rompt, qu’une fuite se prolonge ou que la qualité de l’eau suscite une inquiétude. Jean-Michel Brard vient d’être nommé co-rapporteur d’une mission d’information de l’Assemblée nationale consacrée aux réseaux de collecte, d’acheminement et de distribution d’eau. Le député de la 9e circonscription de Loire-Atlantique devra notamment évaluer l’état des infrastructures, les pertes en réseau et les moyens nécessaires pour assurer durablement l’alimentation des habitants.
Le sujet est considérable. La France dispose d’un patrimoine de canalisations enfoui sous les routes, les rues et les chemins, souvent posé il y a plusieurs décennies et dont le renouvellement représente une dépense particulièrement lourde pour les collectivités. Au 1er janvier 2025, le rendement moyen des réseaux français atteignait 84,3 %. Plus ce taux est faible, plus les volumes perdus avant d’arriver chez l’usager sont importants.
Pour le Pays de Retz et la Loire-Atlantique, cette nouvelle mission parlementaire n’a rien d’abstrait. Le territoire doit tout à la fois répondre à une population croissante, absorber les fortes consommations saisonnières du littoral et sécuriser son approvisionnement face aux sécheresses, aux pollutions et aux incidents techniques. En 2024, le réseau d’Atlantic’eau affichait un rendement de 88,7 %, supérieur à la moyenne nationale. Le syndicat souligne néanmoins une légère dégradation par rapport à l’année précédente et poursuit la recherche de fuites, la sectorisation des canalisations et leur renouvellement.
La question de l’acheminement est tout aussi stratégique. L’alimentation du sud de la Loire repose en grande partie sur l’usine de Basse-Goulaine, complétée par les nappes de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et de Machecoul ainsi que par les ressources des Gâtineaux et de Gros Caillou, à Saint-Michel-Chef-Chef et Pornic. Une importante interconnexion entre Vigneux-de-Bretagne et Rouans a ainsi été engagée afin de relier et de sécuriser les réseaux du nord et du sud de la Loire.
Membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, Jean-Michel Brard connaît déjà le dossier. Il avait cosigné au printemps avec le député Gabriel Amard un rapport sur les conséquences, pour les collectivités, des nouvelles exigences européennes relatives à la qualité de l’eau potable. Le document avait été déposé à l’Assemblée nationale le 15 avril 2026.
La nouvelle mission devra maintenant descendre, en quelque sorte, sous la chaussée : âge des conduites, détection des fuites, interconnexions, financement des travaux, qualité des matériaux et capacité des petites collectivités à entretenir leur patrimoine. Des représentants des collectivités, des opérateurs, des syndicats d’eau et des professionnels du secteur doivent être auditionnés dans les prochains mois.
